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03 Dec

La France en villes (correction DS 1ière 3)

Publié par Louis BRUN  - Catégories :  #première

Consigne : En vous appuyant sur les documents 1 et 2, vous expliquerez   en quoi ils nous informent sur les formes et les facteurs de l’urbanisation du territoire ; vous montrerez par la suite quelles en sont les conséquences.

 

Document 1. L’effet pavillon

 

Ils sont jeunes, ils ont un bébé, ils habitent un deux-pièces en HLM et rêvent d’une maison. Leurs finances sont ric-rac. Près de la gare, ça va être un peu cher pour eux. Ils cherchent plus loin, dégottent un terrain dans un lotissement. Le monsieur des Maisons Machin leur propose un pavillon clé en main. A vrai dire, plus qu’une maison, c’est un dossier de financement qu’il leur vend : vos revenus, vos aides, votre prêt, voilà, c’est ficelé. Client suivant.

Il est maire d’un village à une quinzaine de kilomètres d’une ville moyenne. Il reçoit la visite d’un lotisseur. Monsieur le maire, je vous amène le géomètre, on va vous diviser le foncier en parcelles, on fait les tuyaux eau, électricité, assainissement et à vous les petites familles tranquilles. C’est toujours ça d’impôts locaux qui rentrent.

Ainsi se fait la ville en France. Elle se couvre de lotissements. C’est la «marée pavillonnaire». Et elle n’a que des défauts : usage massif de la voiture, impossibilité de créer des transports collectifs, surendettement des ménages, absence d’équipements, goudronnage de milliers d’hectares de sol qui aggravent les crues des rivières. Massacre du paysage.

 

Sibylle Vincendon, L’effet pavillon, Libération, 20 novembre 2010

 

Document 2. Le pojet Urban Park : la réhabilitation du quartier de la Plaine Achille (Saint-Etienne),  la métamorphose d’un quartier industriel

 

Le quartier Plaine Achille est directement connecté au centre-ville historique de la ville (quartier Carnot) (…). L’accessibilité aux transports est favorisée par la proximité des gares de Châteaucreux et Carnot à 900 mètres, le tramway a seulement 10 minutes à pied ainsi que le boulevard Thiers qui conduit directement aux grands axes routiers (A72)

La France en villes (correction DS 1ière 3)

Ci-dessous, une version rédigée de la correction. Vous pouvez aussi télécharger au format pdf la grille d'évaluation.

 

Le sujet qui nous est proposé aujourd’hui nous permet de réfléchir sur la France en villes ;  Aujourd’hui, plus de 80% des Français vivent dans une aire urbaine. Elle est constituée d’un pôle urbain (ou agglomération : ville centre et ses banlieues)  et d’une couronne périurbaine. Même si ce taux d’urbanisation est élevé, il se poursuit encore aujourd’hui.

Quelles sont les causes et les formes prises par l’urbanisation aujourd’hui ? Quelles en sont les conséquences ?

Pour mener notre étude nous nous appuierons sur l’analyse et la confrontation de deux documents. Le premier document est l’extrait d’un article de presse, « l’effet pavillon », rédigée par Sibylle Vincendon et  publié dans le journal Libération ; il  décrit les causes et les  conséquences de l’étalement urbain en couronne périurbaine.

Le deuxième document est l’extrait d’une brochure publicitaire émanant d’un promoteur immobilier (Bouygues immobilier) et consacré à un projet urbanistique à Saint-Etienne, donc au cœur du pôle urbain.

 

L’urbanisation se manifeste tout d’abord par une croissance de l’aire urbaine. Comme le souligne le document, on assiste à une extension spatiale du pôle urbain et plus encore de la couronne périurbaine. « Ils cherchent plus loin, dégottent un terrain dans un lotissement » et/ou « Il est maire d’un village à une quinzaine de kilomètres d’une ville moyenne ». On assiste en réalité à un phénomène de desserrement, c'est-à-dire à une redistribution de la population du centre vers la périphérie lié au processus de périurbanisation et d’extension du bâti  : « Ainsi se fait la ville en France. Elle se couvre de lotissements ». L’auteur parle même de « marée pavillonnaire » pour souligner l’ampleur de ce phénomène d’étalement urbain et caractériser la forme d’habitat privilégié : la maison individuelle (ou pavillon).

Toutefois, on constate que des projets urbains sont menés dans les villes-centres ; certains quartiers font l’objet d’une réhabilitation pour tenter de conserver ses habitants ou d’en attirer de nouveaux. Le modèle des grands ensembles est révolu  et les villes tentent de freiner l’exode des populations en proposant des projets urbanistiques correspondants aux attentes et aux besoins des urbains;  comme nous pouvons sur la brochure, les projets actuels proposent de petites unités d’habitation collectives dans un environnement agréable « au cœur de cet environnement végétal. » Ce sont des quartiers qui présentent des potentialités nombreuses : proximité du centre ville («Le quartier Plaine Achille est directement connecté au centre-ville historique de la ville ») et de ses services,  l’accessibilité et la multimodalité (« le tramway a seulement 10 minutes à pied ») la proximité des gares de Châteaucreux et Carnot à 900 mètres »,  « le boulevard Thiers qui conduit directement aux grands axes routiers »), infrastructures de loisirs (parcs, piscines, salles se spectacles représentés sur le plan). Le quartier de la Plaine Achille correspond ainsi aux attentes et aux besoins des urbains.

 

Le phénomène de périurbanisation mis en évidence dans le document 1 est lié à de multiples facteurs. Les raisons sont en premier lieu financières : le prix de l’immobilier est trop important en milieu urbain et les jeunes familles éprouvent des difficultés à se loger. Sibylle Vincendon met en évidence ce problème : « Leurs finances sont ric-rac. Près de la gare, ça va être un peu cher pour eux. Ils cherchent plus loin». L’étalement urbain a d’ailleurs longtemps été encouragé par les pouvoirs publics et les politiques de soutien à l’accession à la propriété en maison individuelle (« Le monsieur des Maisons Machin leur propose un pavillon clé en main. A vrai dire, plus qu’une maison, c’est un dossier de financement qu’il leur vend »).  L’arrivée de ces jeunes constituent pour les maires des petites communes un avantage certain : celui de voir ses rentrées fiscales augmenter (« et à vous les petites familles tranquilles. C’est toujours ça d’impôts locaux qui rentrent. »). A cela s’ajoute des causes culturelles. Les Français souhaitent accéder, comme symbole de réussite sociale, à la propriété privée individuelle (Il « rêvent d’une maison »). L’étalement urbain est aussi rendu possible par la démocratisation de la voiture individuelle et le développement des axes de circulations (« usage massif de la voiture »). D’autres facteurs, non évoqués dans les documents  peuvent expliquer ce phénomène : la volonté d’être plus proche de la nature ou le rejet des contraintes de la ville (pollution, promiscuité, le « sentiment » insécurité, la recherche de l’  « entre-soi »).  

La redensifisation des centres-villes est liée à une volonté politique mais aussi à l’implication d’acteurs privés (comme les promoteurs) qui tentent d’exploiter les potentialités de certains quartiers. On voit en effet à travers de l’exemple de la plaine Achille, que l’on veut proposer une autre idée de la ville, plus proche des attentes de la population : le projet Urban Park porte bien son nom ; il s’agit d’amener la campagne à la ville.  D’ailleurs les auteurs de la brochure insiste sur la proximité de la nature (« vues lointaines exceptionnelles sur les Monts du Pilat. Ouvertes sur le parc, de grandes terrasses orientées au sud permettent de vivre au cœur de cet environnement végétal. »)

 

Le  phénomène d’étalement urbain a des conséquences multiples comme le souligne le document 1. Celui-ci se fait aux dépends des espaces naturels et agricoles. Cette  artificialisation croissante des surfaces constitue un facteur qui accroit les risques.  (« goudronnage de milliers d’hectares de sol qui aggravent les crues des rivières. Massacre du paysage »). Il s’accompagne aussi d’une explosion des migrations pendulaires et donc d’une forte pollution atmosphérique («usage massif de la voiture, impossibilité de créer des transports collectifs ».  A cela s’ajoute un renforcement de la ségrégation socio-spatiale (« à vous les petites familles tranquilles »), les classes moyennes ou aisées s’installant en zone périurbaines. 

Néanmoins, contrairement à ce que laissent penser le document, la périurbanisation  n’a pas « que des défauts » : elle a largement contribué à revitaliser certains villages : plus d’habitants, plus de services, plus de commerces, plus d’activités.

Dans les centres-villes, les nouveaux projets urbains prétendent  tenir compte des exigences du développement durable. Le projet Urban park propose ainsi une « mixité sociale et intergénérationnelle » tout en proposant un cadre de vie agréable, respectueux de l’environnement : mode déplacement modes doux ou collectifs (« 10 minutes à pieds », « tramway »), empreinte de la « nature »  (« environnement végétal », …). Néanmoins, on peut s’interroger sur la place des logements sociaux et si la mixité sociale est réellement assurée.

 

Ainsi l’urbanisation de la France s’est traduite par l’extension des aires urbaines. Cet étalement urbain s’est manifesté sous la forme pavillonnaire et a eu des conséquences écologiques, sociales nombreuses. Toutefois on constate qu’aujourd’hui, les centres-villes sont valorisés (souvent en mettant en évidence le respect des principes du développement durable) et redeviennent pour la plupart attractifs.

 

 

 

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