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29 Sep

Etrangers en Ondaine à la veille de la Grande Guerre

Publié par Louis BRUN  - Catégories :  #Projet Parcours d'immigrés

Exercice 1. La situation de la main d'œuvre étrangère dans la vallée de l'Ondaine à la veille de la Grande Guerre

 

1. Replacez ces documents dans leur contexte historique

2. Quel type de main d'œuvre est recruté  ? Indiquez l'origine géographique des étrangers recrutés ?  Par qui sont-ils recrutés ?

3. Indiquez comment cette main d'œuvre est traitée mais aussi comment elle est perçue.

 

Bilan : Faites un état des lieux sur la place qu'occupe la main d'œuvre étrangère dans la vallée de l'Ondaine à la veille de la Grande Guerre

 

vues générales des aciéries de Firminy
vues générales des aciéries de Firminy
vues générales des aciéries de Firminy

vues générales des aciéries de Firminy

Document 1. Des entreprises confrontées à un manque de main d'œuvre

 

J'ai l'honneur de vous  faire  connaitre que  la  Compagnie  des  Mines  de Roche la Molière et de Firminy, dont les puits sont situés sur les territoires du Chambon  et de  Roche, vient, par  suite de manque de bras, de faire appel à la main d'œuvre étrangère.  En effet,  160 jeunes gens travaillant à Roche, des classes 1912 et 1913, vont être incorporés incessamment.

Un entrepreneur des Mines, nommé  TARENTOLA  Lazare,  d'origine  italienne  résidant  en France  depuis plusieurs années,  est allé  en Italie  et y a recruté  72 de  ses  compatriotes,  dont 20  sont arrivés le 3  septembre et  52 le  6 courant.

La compagnie des Mines les  embauche comme  manouvriers  et cela lui  permettra  de mettre dans des postes plus rémunérateurs,  tels que  piqueurs,  boiseurs,  les  Français  qui, jusqu'alors,  n'avaient que  le salaire  du  manouvrier.

Malgré  ces  dispositions  de  la  Compagnie,  très avantageuses  pour  les  mineurs  français,  l'arrivée du  deuxième  groupe d'italiens  a un peu, surexcité  la  population de  Roche et  des  propos  hostiles  ont  été  prononcés  sur  leur  passage. Des  citoyens  ont ouvertement  manifesté  leur  mécontentement de  voir  autant d'étrangers.

Cette  prétention  est exagérée  car  pour  un effectif de  1825  mineurs français  il  n'y  a, à Roche, y compris  les  derniers  arrivés,  que  104  étrangers (italiens  et grecs).

Je  me suis  rendu  dans  cette  ville les  6 et 7  courant, pour  assister  à la  délivrance  des feuilles d'immatriculation  et j'ai fait  à ces  étrangers  quelques  recommandations  relativement  à l'attitude qu'ils doivent  avoir  dans  un pays  qui  leur  donne  l'hospitalité.

Mes paroles ont  été traduites dans leur  langue.

Ces 72  italiens  sont,  pour la  plupart,  âgés  de  moins  de 21 ans ; ceux  majeurs ont  satisfait  à la loi  militaire  de leur pays.

Je  vais  m'assurer,  avec les  moyens  dont je dispose,  qu'aucun  d'eux n'est  recherché  pour délit  de  droit  commun  ou n'est  sous le  coup  d'un  arrêté d'expulsion

J'ajoute  que si l'attitude  de ces  étrangers n'est  pas  provocante,  s'ils évitent, surtout, de se promener par  bandes tapageuses,  l'opinion  publique  se  modifiera rapidement  dans  un  sens  favorable.  Dans le  cas contraire,  des incidents  sont à  craindre.

 

 

Rapport du commissaire de police du Chambon-Feugerolles et   de  Roche-la-Molière  au  Préfet de la  Loire  le 08 octobre 1913 (Archives départementales de la Loire, M2034)

 

 

Document 2. Le recrutement d'ouvriers étrangers dans la vallée de l'Ondaine

 

La main d'œuvre faisant actuellement défaut dans notre région, les Compagnies minières et certaines usines de métallurgie font appel depuis quelques temps, au concours d'ouvriers étrangers principalement italiens et espagnols (...). 

La Compagnie des Mines de Roche-la-Molière et Firminy occupent actuellement :

à Firminy : 31 Italiens, 7 Grecs, 1 Turcs, 1 Espagnol

à Roche-la-Molière : 77 Italiens ;

soit 117 ouvriers (...)

Enfin aux Aciéries de la marine à Firminy , sont occupés une trentaine de Grecs et 80 Italiens.

De tout temps, il y a eu quelques ouvriers étrangers aussi bien dans les mines que dans les usines de métallurgie mais c'est surtout depuis deux mois environ que a pénurie de main d'œuvre a mis les exploitants dans l'obligation d'aller recruter à l'étranger les manœuvres qui leur manquent. Effectivement,  et à part quelques exceptions, les étrangers ainsi occupés le sont au titre de manœuvre.

les salaires sont les mêmes pour eux que ceux de leurs camarades français. Bien entendu quelques avantages leur ont été offerts pour leur permettre de se rendre en France.

Les ouvriers espagnols ont été recrutés à Barcelone notamment, et les ouvriers italiens dans le Piémont.

Dès leur installation dans notre ville (1) des correspondances s'établissent entre eux et leurs compatriotes restés dans le pays, et c'est ainsi que se continue le recrutement de la main d'œuvre étrangère (...).

Enfin, aux Aciéries de Firminy, aucun ouvrier étranger n'est occupé dans les ateliers où s'exécutent des travaux  pouvant tenter la curiosité intéressée de quelque individu au service de l'étranger.

(...). Aucun incident ne s'est produit jusqu'ici entre ouvriers français et étrangers. Ces derniers n'ont pas été mal accueillis car nos ouvriers mineurs savent que la main d'œuvre fait véritablement défaut. Cependant il y a lieu de faire remarquer que si aucune réclamation concernant la présence d'ouvriers espagnols ou italiens n'a été formulée, d'autres réclamations poursuivant indirectement ce même but sont produites relativement à leur inexpérience et à leur malpropreté.

 

1. Saint-Etienne

 

Rapport du commissaire spécial de la gare de Saint-Etienne au  Préfet de la  Loire  le 15 décembre 1913

 (Archives départementales de la Loire, M2034)

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