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23 Oct

Récits d'élèves : l'histoire de mes origines (7)

Publié par Louis BRUN  - Catégories :  #Projet Parcours d'immigrés

Les élèves de 1ière 3 participent cette année à un projet Euréka intitulé "Parcours d'immigrés en Ondaine". Depuis le début de l'année, ils ont pu découvrir la place  (centrale et trop souvent occultée) qu'occupent les étrangers dans l'histoire de France !  

A cette occasion, Ils ont mené l'enquête dans leur propre famille et ont produit un petit texte racontant l'histoire de leur(s) origine(s) étrangère(s). Au delà de chaque histoire, ce fut l'occasion pour chaque élève de s'interroger sur lui-même et sur les autres et de discuter en famille d'un parcours individuel qui s'inscrit dans une histoire universelle : celle de la migration et du vivre ensemble. 

 

 

 

Télécharger l'ensemble des textes publiés cette semaine au format pdf

La carte des origines des élèves de 1ière 3

La carte des origines des élèves de 1ière 3

Passeport polonais de l'arrière-grand-père de Florian

Passeport polonais de l'arrière-grand-père de Florian

Livret militaire de l'arrière-grand-père de Florian

Livret militaire de l'arrière-grand-père de Florian

Florian raconte l'histoire de son arrière-grand-père

 

Mon arrière-grand-père s’appelait Maurice (Mierystaw en Polonais) Zambrzycki ; il est né le 27 juillet 1927 en Pologne. Ses parents, Janina Dombrowska née en 1905 et Kazimierz Zambrzycki né en 1902,   se sont mariés en 1922 à Tykocin en Pologne.

Mon arrière-grand-père est parti de Pologne en 1930 à l’âge de 3 ans avec ses parents et ses deux autres frères (Jean né en 1923 et Vincent né en 1929). Partis de Pologne pour trouver du travail ,  Ils sont venus jusqu’à Saint-Etienne en train après avoir traversé l’Allemagne et la Suisse.

Un des frères de sa mère est parti quant à lui de Pologne mais pour se rendre aux États-Unis.

Pendant son enfance mon arrière-grand-père a du aller à l’école pendant que son père allait travailler dans les mines à Saint-Etienne. En 1932 il a eu un quatrième frère appelé Stanislaw. C’est en 1947 que mon arrière-grand-père s'est marié avec Gorgette Taillandier , mon arrière-grand-mère, née en 1926 en France.

Ensemble , Ils ont eu 3 enfants :  Gérard né en 1949, Martine et Didier. Ils se sont installés par la suite à la Ricamarie.  Mon arrière-grand-père a travaillé comme son père dans les mines ; cet emploi lui a permis de vivre dans des logements pour mineurs. Pendant la seconde guerre mondiale , il s’est engagé pour défendre la France. Décoré, il n’a jamais voulu aller chercher sa médaille.

Mes arrière-grands-parents ont gardé des liens avec la famille restée en Pologne en leur envoyant des colis.

Il est décédé en 1972 à l’âge de 45 ans de l’effort demandé dans les mines et d’une trop forte consommation d’alcool.

Cette histoire m'a été racontée par mon père et ma tante ce qui m'a permis de connaitre l’origine de ma famille.

Bassano d'où est originaire l'arrière-grand-mère de Thomas

Bassano d'où est originaire l'arrière-grand-mère de Thomas

Thomas raconte l'histoire de sa famille

 

D’après les informations que j’ai pu recueillir auprès de mes parents, mon arrière-grand-mère maternel était juive ;  elle a accouché de mon grand-père dans une cave à cause de la seconde guerre mondiale et de l’extermination des juifs ;  il me semble qu’ils vivaient dans le nord de la France. Son mari avait des origines russes mais je n'en sais pas plus. Il me semble qu'il y avait quelques tensions avec mon arrière-grand-père ;  c'est peut être pour cela que ma mère n'a pas connu  son grand-père. Il avait déposé un brevet de construction; Il s'agissait d'un parpaing  à double face:  on trouvait côté-façade à l’intérieur  du parpaing une isolation et de l’autre côté un sorte de papier-peint ; ce procédé était destiné aux personnes à faible salaire. Lorsque l’on pose des questions on sent que pour mes parents ce n’est pas un sujet très connu.

 

Maintenant parlons de mon arrière-grand-mère paternelle. Elle s’appelait Nona et je l'ai connue. Elle était très agréable. J’ai demandé à ma grand-mère de m’expliquer comment sa mère était arrivée en France. Elle m'a raconté que Nona était née  en Italie à Bassano Del Grappa (60 km nord est de Venise) et qu’elle était venue en France à l’âge de 5 ans en 1922. Sa famille était   arrivée en train. Ils s'étaient installés à Longwy. Elle est entrée à l’école normale et s’est très bien intégré. Puis après son parcours d’écolière elle est devenue directrice d’école et prof de math. Ils n'ont eu aucune  difficulté pour venir et n'ont rencontré aucun problème. Elle s'est mariée avec René qui était français ; Le  père de René était un belge frontalier d’où le nom de famille Doumond.

La raison de leur venue en France était que la mère de Nona souhaitait aller en France par envie.  Ce projet très intéressant permet de comprendre des choses comme des noms de familles. Ils sont donc venus en France par plaisir.

 

D’après ma grand-mère, mon arrière-arrière-grand-père (le grand-père de la mère de ma mère) est parti de Sicile pour Tunis puis ensuite a déménagé à Bizerte qui est près de Tunis. Il a eu un fils qui est  né en 1916 ;   Puis en raison du travail,  ils ont déménagé à  Casablanca au Maroc où je suis déjà allé. Son fils devenu adulte a connu la maman de ma mamie et ils se sont mariés. Etant donné que le Maroc était sous protectorat Français ma grand-mère est née Française. Par la suite le protectorat s'est terminé et les Français qui habitaient au Maroc ont dû rentrer en France. Donc en 1962 ma grand-mère et sa famille sont allées en France. Il se trouvait que son père avait déjà son frère en France et des amies aussi. Ils allaient en vacances en France vers Lyon. Pour venir en France ils ont pris la voiture comme moyen de transports. Ils se sont d’abord installé  à Marseille dans des logements précaires puis son père a cherché du travail à Paris. Il  a ainsi réussi à être embauché à la RATP.  Ils ont déménagé à Paris en 1964 où ils ont acheté une maison. Lorsqu’il était au Maroc il était tourneur mécanicien et à la RATP il a aussi réussi à avoir un emploi de tourneur mécanicien. Les gens ne les aimaient pas spécialement  car l’Etat faisait des prêts à un taux intéressant pour les rapatriés pour se réinstaller. Sinon à l’école ça allait. Il y avait une mauvaise entente avec les gens du travail. Cependant leur lien avec le Maroc n’était pas effacé : pendant les vacances ils y  retournaient pendant les vacances parce que le père de ma grand-mère possédait des biens comme une villa et les bâtiments d’une entreprise. La mère de ma grand-mère était de Florence mais rencontra son mari à Casablanca car son père était charpentier là-bas.

 

Paese d'où est originaire l'arrière-grand-père d'Eddy

Paese d'où est originaire l'arrière-grand-père d'Eddy

Eddy raconte l'histoire de ses arrière-grands-parents

 

Mes arrière-grands-parents sont Italiens. Mon arrière-grand-père est né le 21 octobre 1907 à Paese et mon arrière grand-mère est née le 30 aout 1905 à Peltra (?). Ils se sont rencontrés vers 1930.

Mon arrière-grand-père était fils de mineur et lui même mineur. Quant à mon arrière-grand-mère, elle était sans profession . C'est vers 1940 qu'ils ont décidé de fuir ensemble l'Italie de Mussolini. J'ai demandé comment ils sont venus en France. Personne n'a pu me répondre clairement et me dire les moyens de leur venue . Ils seraient arrivés en France vers 1940 et se sont  installés un peu plus tard au Chambon-Feugerolles dans une petit maison ;  ils ne se sont pas directement rendus au Chambon-Feugerolles car ils étaient obligés d'aller chercher leur carte de séjour à Lyon pour pouvoir rester en France . Arrivé au Chambon-Feugerolles, mon arrière grand-père a repris sa profession de mineur , dans la mine de Saint-Etienne . Tandis que mon arrière-grand-mère est restée sans profession, pour pouvoir s'occuper de l'enfant qu'ils venaient d'avoir en 1942 . Ils sont restés plus de 20 ans au Chambon-Feugerolles avant de décéder. Mon arrière-grand-père est décédé le 30 juillet  1960. Quatre années plus tard, mon arrière grand-mère, elle aussi, décède le 13 décembre 1964.

Ma mère ne peut pas m'en raconter plus car elle n'a pas connu ses grands-parents : tout ce qu'elle sait vient de son père.

Mon histoire familiale s'est donc effacée au fil des années. Pour tenter de reconstituer le parcours migratoire des mes arrière-grands-parents, je me suis servi des actes de décès ainsi que des informations transmises par ma mère.  Je ne pourrai jamais savoir si leur venue en France était dure ou pas, combien de temps ils ont mis... Je ne reconstituerai donc jamais le parcours exact de mes "ancêtres".

Trévise d'où est originaire l'arrière-grand-mère de Margaux

Trévise d'où est originaire l'arrière-grand-mère de Margaux

Margaux raconte l'histoire de sa famille

 

Je suis née en France, et donc française.  Cependant, je possède plusieurs origines : italienne, sicilienne, portugaise et tchèque. Je tire mes origines de mes grands-parents et de mes arrière grands-parents.

Je sais peu de choses sur l'histoire de mes origines ; mais j'ai quand même pu avoir quelques informations du côté de mes arrière grands-parents paternels, grâce à ma grande tante, avec qui je suis très proche.

En premier lieu, du côté de mon père, mon arrière grand-mère est originaire de Trévise en Italie. Elle est venue s'installer en France, en 1921, à l'âge de 17 ans. C'est dans la région stéphanoise qu'elle a rencontré mon arrière-grand-père lui même originaire de Corporosa au Portugal. Venu  pour le travail, je ne sais pas à quelle date il s'est installé à Saint-Étienne. Mariés, ils ont  eu six enfants. Une de leur fille, Hélène rencontrera par la suite mon grand-père paternel (ce dernier est venu d'un petit village de Sicile : Roseline).

Mes arrière-grands-parents ont tous deux travaillé à la mine, mais à différentes périodes. Ils avaient également un appartement à la côte Durieux (Roche-la-Molière), puis ont déménagé pour s'installer dans le centre de Roche-la-Molière. Ma mamie y habite encore actuellement avec sa sœur.

Enfin, mes arrière grands-parents ont toujours voulu que leurs enfants parlent français et non leur langue d'origine. C'est pour cela, que mon arrière-grand-père s'est fait naturaliser français à son arrivée.

 

Quant à mon grand-père maternel, il est venu à Saint-Étienne seul, en 1957, en voiture. Son frère y résidait et donc a pu l'héberger. La raison de sa venue était le travail, grâce à son frère il a pu en trouver rapidement, et a donc travaillé à la mine.

 

La Kabylie, région d'où est originaire la famille d'Inès

La Kabylie, région d'où est originaire la famille d'Inès

Inès raconte l'histoire de sa famille

 

Mes grands-parents ainsi que mes arrière-grands-parents du côté de mon père  sont étrangers ; afin de découvrir le parcours migratoire  de ma famille, j'ai décidé de parler avec ma grand-mère ;  elle m'a reconstitué son histoire.

Tout a commencé en 1937 ;  mon arrière-grand-père travaillait en France , mais toute notre famille vivait en Algérie, plus exactement en Kabylie, région située dans le nord de l'Algérie à l'est d’Alger, dans cette terre de montagne densément peuplée ;

Mon arrière-grand-père n'avait pas besoin de passeport ou autre pour exercer son métier : il était considéré comme Français résidant dans un pays colonisé : l'Algérie. Il retournait peu souvent voir sa famille mais lorsqu'il était chez lui, il s'occupait de ses terres : ma famille vivait de leurs terres.

Ma grand-mère est née en 1945, lorsque la seconde Guerre Mondiale s'est achevée. En 1954, la situation commençait à s'envenimer ; en effet , l'Algérie réclamait son indépendance et ce fut la Guerre d’Algérie jusqu’en 1962. Mes arrière-grands-parents et mes grands-parents ont connu cette guerre. Ils ont subi des bombardements et ont vécu dans la peur pendant cette période. Mon arrière-grand-père étant en France , il est retourné chercher ma grand-mère en 1959 pour fuir cette guerre , elle n'avait que 14 ans.

Ma famille est partie de Kabylie en bateau , mais mon arrière grand-mère n'a pas pus fuir avec eux , du moins pas en même temps. Ma mamie s'était faite passer pour une orpheline afin de pouvoir effectuer ce périple. Ma grand-mère a donc fui la guerre d'Algérie en France.

Les conditions de sa venue n'étaient pas fameuses, voir même insupportables. Ma grand-mère en a des souvenirs peu agréables, très tristes .

Le bateau transportait beaucoup de personnes, ils étaient tous debout, serrés, pas en bonnes conditions . Le bateau n’était pas un bateau de luxe ;  c’était un bateau nettement trop petit au vu du nombres de personnes qu'il transportait.

 Dans ce bateau figuraient toutes sortes de personnes : des personnes fuyant l’Algérie, comme le cas de ma famille,  des harkis, ou bien encore des « pieds noirs ».

Lors du parcours, ma grand -mère ignorait totalement sa destination, les secondes étaient des minutes , puis les minutes se transformaient en heures, et les heures en jours.

Une fois le bateau arrivé , elle s'est retrouvée au port de Marseille. Elle a été gardée par une nourrice très aimable et généreuse ; si les conditions de sa venue étaient tristes mais celles de son accueil ont été plutôt chaleureuses ;

Ma famille a décidé de s’installer à Saint-Étienne tout d'abord pour des raisons économiques : en effet cette ville était connue pour ses nombreuses mines, donc pour le travail (plus ou moins pénible) à saisir. Mais ce choix s'est fait aussi pour des raisons sociales : étant donné  que des personnes du même village s'étaient déjà installées ici, l'intégration était plus facile.

Ma grand-mère a été par conséquent bien intégrée et acceptée en France ;  il restait tout de même la barrière de la langue car celle-ci ne comprenait pas et ne parlait pas la langue française .

Plus tard, ma grand-mère a fait un stage  ; elle ne travaillait pas encore en raison de son jeune âge . Sa mère l'a rejoint quelques mois après son arrivée, la famille était au complet.

La Guerre s'achevait, la famille s'est agrandie et ma grand-mère rencontra mon grand -père .

Quant à l'histoire de mon grand-père ; il travaillait à la mine , durant la guerre il a eu le choix de se battre avec la France ou avec L'Algérie.

 

Aujourd'hui ils sont  Algériens en Algérie et Français en France. De nos jours , ils continuent à aller en Algérie la moitié de l'année : la culture et les origines persistent mais l'histoire disparaît peu à peu et finira par se dissiper au fils des générations, cependant nous continuons tout de même à nous transmettre des recettes traditionnelles .

Cela a été une expérience délicate, douloureuse et très émouvante ; c'est pour ces raisons que ma grand-mère n'accepte pas de témoigner devant la classe. Même si c'était avec grand plaisir qu'elle a répondu à mes questions et qu'elle m'a raconté son histoire.

 

Anecdotes personnelles :

 

Lors d'un bombardement en Kabylie , mon arrière-grand-mère a caché ma mamie dans un tonneau.

Lors de son stage en France , en cours de couture ; elle avait fait tomber son aiguille , le professeur a haussé le ton , mais elle, très sereine, a rigolé en toute ignorance  puisqu'elle ne comprenait pas ce qu'il disait. Elle ne se rendait pas compte de ce qui se passait. 

Quand ma mamie a pris le bateau , mon arrière grand-père l'a pressée ; elle a le souvenir de ne pas avoir eu le temps de finir sa douche... 

Maison natale de la grand-mère maternelle de Jasmine

Maison natale de la grand-mère maternelle de Jasmine

Jasmine raconte l'histoire de ses grands-parents maternels et paternels

 

Originaires des campagnes profondes de Kabylie ( Tassameurt, Beni Halem, Bordj Bou Arreridj), mes grands-parents maternels ont été les premiers à arriver en France.

Ma grand-mère m'a expliqué qu'ils vivaient dans la misère mais elle ne semble pas en avoir souffert.

Dans l'espoir d'une vie meilleure,  mon grand-père a décidé de partir pour la France en 1962. Il est venu en bateau dans des conditions assez bonnes. Après une escale à Marseille, il a décidé de poursuivre son chemin jusqu'à   Saint-Etienne. Il y a trouvé très rapidement du travail d'abord dans la métallurgie, puis dans les mines de charbon de l'Ondaine ( Roche-la-Molière, Chambon-Feugerolles)

Par la suite, Il est retourné en Algérie chercher sa femme et ses fils : ma grand-mère et mes deux oncles, leurs seuls enfants à être nés en Algérie ; quatre autres enfants sont nés par la suite en France. Ma grand-mère s'est retrouvé veuve en 1976 à la suite d'un accident des mines de mon grand-père, elle a toujours vécu à Roche-La- Molière.

soldats algériens : l'un d'entre eux est l'oncle de la mère de Jasmine

soldats algériens : l'un d'entre eux est l'oncle de la mère de Jasmine

Mes grands parents marocains sont ensuite arrivés dans les années 70. Mon grand-père a été le premier de la famille à être arrivé en France dans les années 60. Selon ma grand-mère, il était venu dans l'espoir d'une vie meilleure.

Par contre,  les conditions de transport en bateau ont été plus difficiles. Ma grand-mère m'a expliqué qu'elle avait rencontré de grosses difficultés pour s'adapter à cette nouvelle vie. Mais elle a décidé de s'intégrer dans la société française, en s'inscrivant à des cours pour apprendre à lire, à écrire et à parler le français . N'ayant pas beaucoup d'argent et avec sept enfants à charge,  la vie était compliquée. Logés d'abord à Bellevue ils ont déménagé et ont tous  grandi dans le quartier de la Cotonne ; ils ont ensuite tous pris leur envol et ont fondé leur propre famille. Ma grand-mère finit par s'installer à Solaure.

Mon père m'a fait part d'une anecdote :  mon grand-père voulait partir au Canada mais ma grand-mère était contre.

 

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