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Ce blog pédagogique d'histoire-géographie et d'éducation morale et civique (E.M.C.) tire son nom d'un terme issu du parler gaga (le parler stéphanois) ; le cafuron (window in english !) est une lucarne ou un oeil de boeuf éclairant un réduit. Ce blog s'adresse tout autant aux élèves du lycée Jacob Holtzer (Firminy- Loire) qu'à un public plus large. Bonne visite !

15 Apr

L’information par le son et l’image : radio et télévision au XXe siècle.

Publié par Louis BRUN  - Catégories :  #Histoire-Géographie-Sciences Politiques - Géopolitique

Exercice 1. La radio, le pouvoir d’informer instantanément

 

1. Dites quelles innovations permettent le développement de la radio pour en faire un média de masse (Document 1 et 2 p. 226 et documents 1 à 5)

2. Montrez que la radio va occuper une place grandissante dans le quotidien de la population (documents 1 et 2 p. 226 et documents 2 et 3)

3. Montrez que la radio constitue progressivement un enjeu de pouvoir (document 5).

4. Rédigez un bilan de l’activité dans lequel vous expliquerez les facteurs à l’origine de l’essor de ce média ; vous montrerez ensuite la place qu'il a occupée dans le quotidien de la population tout en soulignant les enjeux de pouvoir qui lui sont liés.

Document 5. Les Grandes Heures de la radio.

 

Les premiers journaux parlés apparaissent en France en 1923. Pourtant, le petit nombre des auditeurs - 60 000 environ - était insuffisant pour faire de la radio, à l'échelle nationale, un moyen d'information et d'expression dans le domaine politique, trop lié à la presse écrite. (…).

La place de la radio dans la vie politique s'élargit en 1934. Les manifestations d'extrême droite, le 6 février, près de la Chambre des députés, sont rapportées inégalement par les différentes radios. Peu après, imitant Roosevelt, le nouveau président du Conseil, Paul Doumergue, s'adresse à six reprises aux Français pour présenter et justifier sa politique : « Les conversations à la radio, écoutées dans les familles, doivent accroître la confiance déjà accordée par le pays et méritée par les actes du gouvernement », commente Le Temps. Or cette innovation est perçue dans la classe politique comme un moyen de s'adresser à l'opinion par-delà le Parlement et provoque d'autant plus d'inquiétude chez les partis et les journaux de gauche que Paul Doumergue en use pour annoncer un projet de révision institutionnelle. Dans Le Populaire, Léon Blum s'émeut : « C'est le pouvoir personnel. Il cherche à placer d'emblée son ministère puis les Chambres sous le coup d'une injonction populaire qui ne serait pas un référendum mais vraiment un plébiscite. » L'audience de la radio - 1 764 000 postes récepteurs déclarés - commence à inquiéter les hommes politiques. Les allocutions radiodiffusées de Doumergue ont aggravé le soupçon d'antiparlementarisme et contribué à l'échec de son gouvernement. (…).

Depuis 1933, les Français peuvent écouter Radio-Luxembourg, financée en partie par des groupes français qui avaient redouté, en 1931, que l'arrivée éventuelle au pouvoir des partis de gauche n'entraînât la suppression des postes privés français. Cette première radio périphérique développe une nouvelle forme d'information économique et sociale. Au printemps 1936, Georges Mandel organise la première campagne électorale radiophonique : sur les postes d'État, le temps de parole est équitablement réparti entre les différentes formations politiques. Au micro de Radio-Paris, Maurice Thorez prononce le fameux discours de « la main tendue » aux ouvriers et employés catholiques.

Sous le gouvernement du Front populaire, des hommes politiques jusqu'alors éloignés du micro prennent la parole et sont entendus par des auditeurs hostiles ou indifférents qui ne seraient pas allés les écouter dans une réunion publique. Léon Blum, chef de ce gouvernement, recourt beaucoup à la radio. Préparant les « accords Matignon », le 5 juin 1936, son allocution est diffusée deux fois dans la journée. Quatre millions de postes récepteurs implantés fin 1936 font plus pour le gouvernement du Front populaire que la grande presse qui, dans sa majorité, lui est peu favorable. (…)

Au moment de la crise de Munich, le ministère des Affaires étrangères exerce un contrôle sur la diffusion des nouvelles de l'étranger et un double contrôle sur le « Radio-Journal de France » (…). Il n'empêche (…)  qu’elle a permis de suivre la crise tchécoslovaque, l'entrevue de Munich du 29 septembre 1938 et provoqué l'accueil chaleureux des Parisiens qui sont venus à l'aérodrome pour acclamer Édouard Daladier à sa descente d'avion. Désormais la radio contribue elle-même à l'événement.

Ignorant les frontières, la radio modifie aussi les relations internationales. A partir de janvier 1939, L’Humanité exhorte ses lecteurs à suivre les émissions en langue française diffusées par Radio-Moscou. Devant la propagande antifrançaise de l'Italie à destination de l'Afrique du Nord, Daladier se rend en Tunisie début janvier 1939 pour répondre aux attaques sur la politique de la France ; les plus importants de ses discours sont radiodiffusés. En direction de l'Empire colonial, on s'efforce de rendre Paris-Mondial (le poste international ondes courtes de la radio française) plus audible, on installe des postes émetteurs à Dakar et à Saigon, et celui de Tananarive est renforcé.

Peu à peu, le gouvernement a pris en charge l'information radiophonique. (…) En 1939, avec la guerre, la création d'un Haut-Commissariat à l'information contribue à renforcer le rôle de l'État et à donner plus d'importance à l'information dans les programmes de radio.

Au début de la guerre, la propagande par la radio s'organise. Au moment de l'exode et de la retraite du gouvernement et des grands quotidiens de Paris, la radio est le seul moyen d'informer les populations en désarroi. Sa puissance de dramatisation et de personnalisation est exploitée pour conditionner l'opinion et lui désigner le maréchal Pétain comme un sauveur. Sous Vichy, la propagande de la Révolution nationale est assurée à la radio par P. Creyssel et Philippe Henriot. Dans la zone occupée, Radio-Paris est sous le contrôle des Allemands et de quelques journalistes français à leur solde. (…).

Instrument de collaboration et enjeu au sein du gouvernement de Vichy, la radio devient aussi un instrument de résistance. (…). Les émissions françaises de Londres - brouillées par les occupants mais néanmoins audibles - déjouent les propagandes allemande et vichyssoise, et leur écoute est le principal geste de la résistance de beaucoup de Français. Elles favorisent aussi le ralliement aux mouvements de Résistance et diffusent les messages codés qui leur donnent des directives. (…)

Au lendemain de la Libération, une ordonnance de mars 1945 retire toutes les autorisations aux postes privés et établit le monopole absolu de l'État sur les émissions. (…) Bien qu'elle soit sous le contrôle étroit des ministères successifs, les gouvernants n'arrivent pas à maîtriser la radio. Dans son Journal du septennat, Vincent Auriol rapporte qu'en février 1947, on se plaint qu'« à la radio, tout le monde parle à longueur de journée. Les adversaires ont plus de voix que les partisans du gouvernement [...] C'est le journal du "Canard Enchaîné" ».

(…) A présent, la radio est le plus important moyen d'information et de distraction en France. De 1951 à 1958, le nombre des récepteurs est passé de sept millions à plus de dix millions et demi. En 1954, près des trois quarts des foyers écoutent la radio à 20 heures. Cette année-là, les appels radiodiffusés de l'abbé Pierre en faveur des sans-logis provoquent un vaste élan de générosité. Après la dramatique chute de Dien Bien Phu, Pierre Mendes France s’adresse régulièrement aux Français au cours d’allocutions radiodiffusées pour expliquer les grandes lignes de sa politique. Les députés de l'opposition l'accusent d'« installer une propagande par tous les moyens et surtout sur les ondes ». (…)  Par ailleurs, le monopole de la radio est atténué par l'existence des postes périphériques : Europe n° I, Radio-Monte-Carlo, Andorradio et Radio-Luxembourg ; en 1958, l'écoute de ce dernier poste atteindra quatorze millions d'auditeurs. (…).

Le développement de la télévision et son pouvoir de fascination entraînent un certain reflux de la radio, qui perd ses auditeurs (…). Pourtant, la radio dispose d'atouts nouveaux : le transistor et l'autoradio, qui individualisent l'écoute et la rendent plus mobile. Au moment du putsch des généraux à Alger en avril 1961, l'écoute sur des transistors de l'appel de De Gaulle, enjoignant aux soldats du contingent de ne pas suivre les généraux révoltés, a sauvé la République. Les techniques de sondage s'affinent et permettent une meilleure connaissance des publics dont elles soulignent la pluralité. Face à la télévision, la radio se révèle davantage comme un instrument de communication, utilisant le téléphone en vue d'une interactivité qui donne le ton aux émissions de Ménie Grégoire sur RTL ou à des émissions de nuit. Plus diversifiée, plus musicale, la radio touche un public moins passif que celui de la télévision et, à la différence de celle-ci - monopole d'État (…) -, elle bénéficie d'un pluralisme de fait car elle ignore les frontières.

(…). On avait trop tôt prophétisé son déclin... En mai 1968, la radio manifeste sa vitalité. Europe n°1 et RTL sont même accusés d'avoir amplifié les émeutes d'étudiants par leurs reportages en direct et l'utilisation du micro par les leaders étudiants, notamment Daniel Cohn-Bendit. Fin mai, l'allocution, uniquement radiodiffusée, du général de Gaulle suscite une manifestation monstre sur les Champs-Élysées et sa reprise en main de la situation. (…).

 

André-Jean Tudesq , Les Grandes Heures de la radio, L’histoire n° 79, juin 1985

Exercice 2. La télévision, : l’information confrontée au pouvoir de l’image

 

1. Datez et expliquez l’essor de l’usage de la télévision (chronologie, vidéo et documents 3 à 5 p. 226-227)

2. Montrez comment a évolué le traitement de l’information à la télévision (document 5 p. 227 et document 2)

3. Dites en quoi la télévision transforme la société et accompagne ses évolutions (documents 3 et 4 p. 227 et documents 1, 2 et 3)

4. Montrez quelle relation l’Etat entretient avec la télévision (documents 1 et 4)

5. Rédigez un bilan de l’activité dans lequel vous expliquerez les facteurs à l’origine de l’essor de ce media ; vous montrerez ensuite la place qu'il a occupée dans le quotidien de la population tout en soulignant les enjeux de pouvoir qui lui sont liés

Document 2. Et la télé française inventa le JT

Document 3. Emmanuel Macron s’adresse aux Français le 13 avril 2020

 

Des Français confinés à Noirmoutier (Vendée) regardent l'allocution d'Emmanuel Macron, le 13 avril 2020. Comme eux, Plus de la moitié de la population française était devant sa télévision pour entendre Emmanuel Macron annoncer le prolongement du confinement jusqu'au 11 mai 2020 . L'allocution du président de la République a été suivie par 36,7 millions de téléspectateurs, selon des données de Médiamétrie. 

Photo de Théo SAFFROY et Hans  LUCAS (AFP) publiée sur le site de Francetvinfo.fr le 13 avril 2020

Photo de Théo SAFFROY et Hans LUCAS (AFP) publiée sur le site de Francetvinfo.fr le 13 avril 2020

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