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Ce blog pédagogique d'histoire-géographie et d'éducation morale et civique (E.M.C.) tire son nom d'un terme issu du parler gaga (le parler stéphanois) ; le cafuron (window in english !) est une lucarne ou un oeil de boeuf éclairant un réduit. Ce blog s'adresse tout autant aux élèves du lycée Jacob Holtzer (Firminy- Loire) qu'à un public plus large. Bonne visite !

29 Dec

Paris entre protection et nouvel urbanisme

Publié par Louis BRUN  - Catégories :  #Histoire-Géographie-Sciences Politiques - Géopolitique

Exercice 1. Un patrimoine exceptionnel préservé à l’origine de nombreux débats

 

1. Après avoir délimité le quartier faisant l’objet de l’analyse, présentez les éléments remarquables du patrimoine parisien qui s’y trouvent (documents 1 et 2 p. 314).

2. Après avoir relevé la définition de patrimonialisation, présentez les différentes dispositions légales qui ont été prises pour préserver le centre de Paris tout en identifiant les acteurs qui en sont à l’origine (documents 2 à 4 p. 314-315 et document 1)

3. Montrez quels ont été les effets positifs de cette politique de protection du patrimoine en vous appuyant sur l’exemple du quartier du Marais et sur l’exemple des quais de Seine (documents 2 et 3 ci-dessous et document 4 p. 315)

4. Identifiez quels sont les enjeux du patrimoine à Paris dans le contexte de la mondialisation (documents 4 et 5 p. 315)

5. Identifiez les limites de ces politiques de protection du patrimoine en vous appuyant sur l’exemple du quartier du Marais et sur l’exemple des quais de Seine (document 4 p. 315 et documents 2 à 4 ci-dessous)

 

Bilan. A partir du travail réalisé, vous rédigerez une réponse argumentée qui permettra de traiter le sujet suivant : Paris, une métropole au riche patrimoine préservé facteur de développement économique et à l’origine de nombreux débats.

Document 1. Qu’est-ce qu’un plan de sauvegarde et de mise en valeur  (PSMV) ?

 

Ce dispositif a été créé en 1962 par André Malraux [alors ministre de la culture] ; il s’agit d’un document d'urbanisme tenant lieu de plan local d'urbanisme (PLU) dans le périmètre du secteur sauvegardé. Le PSMV une fois institué va se substituer au plan local d’urbanisme PLU dans les zones où il s’applique.

Le contenu des PSMV est similaire à celui du PLU à ceci près qu’il se concentre principalement sur les règles de protection du patrimoine bâti existant ainsi que sur les prescriptions architecturales. Le PSMV a la particularité d’être très détaillé, et peut même contenir des dispositions qui peuvent aller jusqu’à réglementer au niveau de la parcelle voire au niveau d’un édifice. En ce sens, il est bien plus précis que le PLU qui lui, fixe le cadre général des règles relatives à l’occupation et l’utilisation des sols.

Le PSMV régit l'ensemble des espaces privés ou publics présentant un intérêt historique, esthétique ou nécessitant une conservation (présence d'un grand nombre de Monuments historiques par exemple), où tous travaux et aménagements intérieurs et extérieurs effectués par les résidents, particuliers ou commerçants, doivent faire l'objet d'une demande écrite et d'une d'autorisation après avis de l'architecte des bâtiments de France, afin de conserver une cohérence.

Par exemple, il peut être exigé que les façades des immeubles existants soient restaurées en veillant à la nature, la mise en œuvre et la couleur des matériaux. Les percements, la mise en œuvre des menuiseries et vitrages, les ferronneries et la couverture sont aussi règlementés.

L'occupation du domaine public est règlementée. Les devantures anciennes doivent être conservées dans leur aspect originel et les différents systèmes de fermeture dissimulés lorsque le commerce est ouvert. Les enseignes sont également soumises à des règles précises, les enseignes lumineuses et la publicité peuvent y être interdite.

L’élaboration des PSMV est une compétence qui est toujours du ressort de l’État, compétence exercée par le préfet. Les collectivités territoriales, principalement les communes et les établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) compétents desquels la ou les communes sont membre(s), seront étroitement associés à la procédure. Il s’agit d’une procédure conjointe. Ce rapprochement des élus locaux de la procédure d’élaboration du PSMV a été accentué par l’ordonnance du 28 juillet 2005. La réforme apportée par l’ordonnance du 28 juillet 2005 a par ailleurs, opéré un rapprochement entre les contenus des PSMV et celui des PLU afin d’assurer une meilleure cohérence et articulation entre ces deux types de planification locale.

Document 2. Le Marais après 50 années de sauvegarde

 

Le Marais, avec ses imposantes portes cochères aux heurtoirs ciselés, ses boutiques design branchées et ses terrasses de bars gays, revient de loin. Qui se souvient de l'état crasseux de ses immeubles il y a seulement un demi-siècle ? Conséquence de la loi « Malraux » du 4 août 1962, le Marais est le premier secteur sauvegardé de la capitale. Cette décision inaugure en France un mouvement international de préservation et de mise en valeur des quartiers anciens qui émerge dans les années 1960. (…). En 1965, un arrêté fixe un périmètre de 126 hectares, répartis entre les 3e et 4e arrondissements de la capitale. « En cinquante ans, le quartier a terriblement changé », constate Valérie Guillaume, directrice du musée Carnavalet. « En matière de demande sociale par exemple, on passe, au tournant des années 1980, de revendications pour un meilleur accès des voitures et plus d'équipements sociaux à celles d'une ville piétonne et orientée vers la vie nocturne ». La notion même de protection du patrimoine évolue. Alors que le premier plan de sauvegarde visait surtout à réhabiliter l'aspect initial des XVIIe et XVIIIe siècle, une révision du plan dans les années 1980 permet de mieux prendre en compte les apports du XIXe siècle, époque de l'essor économique et commercial du quartier. (…).

L'exemple de l'îlot 16 est éclairant à ce titre. Dès 1921, 17 zones parisiennes sont déclarées insalubres en raison du nombre important de décès par tuberculose. Situé dans le secteur du Marais, recouvrant grosso modo la zone comprise entre les rives de la Seine et la rue François-Miron, l'îlot numéroté 16 devait être rasé. Mais les vicissitudes de l'histoire, le manque d'argent, la succession des préfets ou encore le régime de Vichy en ont décidé autrement. Au final, l'îlot subira plusieurs curetages et destructions d'immeubles insalubres, avant d'être intégré au périmètre de sauvegarde du quartier en 1965. Des photos prises avant et après montrent l'empilement -d'appentis, d'ateliers, de hangars et autres sanitaires qui avaient envahi les cours intérieures. (…).

Si les campagnes de rénovation ont permis d'aérer et d'assainir l'espace, comment aujourd'hui poursuivre la densification tout en évitant la muséification ? Au témoignage de Pierre Aidenbaum, maire du 3e arrondissement se félicitant de la croissance de sa population, répond celui de son homologue du 4e, Christophe Girard, qui déplore les investissements immobiliers pour les locations de courte durée. Pourtant, le tissu urbain continue d'évoluer. Pour un ensemble de logements sociaux, l'agence Chartier-Corbasson a aménagé une façade aveugle à l'angle de la rue de Turenne et de la rue Saint-Antoine, en l'ouvrant sur la rue et en l'agrémentant d'une paroi d'aluminium. L'ancienne Société des cendres, rue des Francs-Bourgeois, a été réhabilitée par l'architecte Pierre Audat, qui a redonné vie au bâtiment industriel d'origine tout en l'adaptant aux exigences d'un magasin de vêtements. Rue du Plâtre, la future fondation des -Galeries Lafayette a investi un ancien bâtiment de briques et d'acier, en cours d'aménagement par Rem Koolhaas. Le patron de l'agence OMA explique combien les contraintes de préservation du bâti -historique l'ont finalement conduit à investir la cour centrale, sous la forme d'une tour de verre. (…)

 

La sauvegarde du Marais en cinquante ans d'histoires , Le Moniteur, 15 février 2016

Document 3. Du quartier insalubre au quartier bourgeois

 

Dans le Paris d’après-guerre, le Marais était un quartier constitué d’îlots totalement insalubres. Dans les années 70 encore, certains immeubles relevaient du quart-monde : des courettes entières étaient envahies d’ordures, la misère était grande dans certains hôtels particuliers.

Dès les années 60, un tournant majeur et irréversible va bouleverser le quartier : la loi Malraux est votée en 1962. Elle consiste à définir des secteurs dans lesquels le patrimoine historique doit faire l’objet de restaurations et de remise en valeur. Cette loi induit une nouvelle vision du patrimoine, consacrant la valeur des choses anciennes. Le Marais s’est trouvé valorisé par cette loi : la richesse architecturale de ses hôtels particuliers fait dès lors l’objet de toutes les attentions.

Le vrai progrès de cette loi réside aussi dans la volonté de conserver les tissus sociaux et économiques de ces quartiers historiques. Il sera désormais moins concevable de détruire systématiquement, et l’on préfèrera la réhabilitation à la rénovation qui deviendra l’ultime recours dans des situations extrêmes. (…).

Du côté des logements, les premières réhabilitations des années 60 vont accentuer le départ des ouvriers et artisans du quartier, qui sont peu à peu expulsés ou ne peuvent plus payer les nouveaux loyers pratiqués.
Une nouvelle population investit alors le quartier à partir des années 80, notamment une forte proportion d’homosexuels, visant des lieux en mutation et ayant un pouvoir économique suffisant pour accéder ici aux logements. La forte valeur historique du patrimoine a attiré les investisseurs. La dynamique immobilière enclenchée dès ce moment en a fait un des quartiers parmi les plus chers de la capitale (prix moyen du m2 aujourd’hui : 8 500 euros).

En quelques années, le Marais se transforme radicalement : il devient un lieu de tourisme cosmopolite.
Sa réputation s’exporte dans le monde. Des étrangers fortunés investissent en y achetant des appartements secondaires. Les Parisiens y pratiquent la promenade dominicale en faisant du shopping dans des boutiques haut de gamme. Le quartier juif, autrefois isolé et considéré comme dégradé se trouve envahi de touristes et de nouvelles enseignes de mode. Même le fameux hammam de la rue des Rosiers a été détruit pour accueillir une boutique de vêtements.

C’est un quartier « vitrine », qui est également critiqué pour son aspect « musée marchand ». C’est un décor urbain somptueux, temple de la consommation festive et de luxe.

 

Bénédicte de Lataulade, Le Marais : modèle typique de gentrification,

Les cahiers de la ville responsable, consulté le 29  décembre 2020

http://www.cahiersvilleresponsable.fr/le-marais-modele-typique-de-gentrification/

 

Document 4. Piétonisation des quais de Seine : 30 ans de débats 

Exercice 2. Un nouvel urbanisme pour relever les défis d’une métropole mondiale

 

1. Montrez comment Paris entend aujourd’hui conservée son statut de ville mondiale tout en préservant son patrimoine (Repère p. 316, document 5 p. 317)

2. Faites une présentation rapide projet de renouvellement urbain de Clichy—Batignolles et dites en quoi il permettra à Paris de relever les défis d’une métropole mondiale (document  5 ).

3. Montrez comment le patrimoine est mis en valeur tout en l’insérant dans le développement de la ville (document 6)

Document 5. L'opération d'aménagement Clichy-Batignolles

Document 6. L’Odéon Théâtre de l’Europe, une scène prestigieuse dans un monument historique  

 

L’Odéon Théâtre de l’Europe, institution culturelle prestigieuse née en 1782, est présent à Clichy-Batignolles. Il y occupe une partie des Ateliers Berthier, construits en 1895 par l’architecte Charles Garnier, créateur de l’Opéra de Paris, pour y concevoir et accueillir les décors. Ils ont été agrandis en 1950 et inscrits au titre des Monuments historiques en 1990.

Installé en 2002 dans ce lieu en raison des travaux de restauration du théâtre à l’italienne du 6e arrondissement, l’Odéon y est resté et répartit aujourd’hui ses seize spectacles annuels sur deux salles (6e et 17e arrondissements). Il est dirigé par le metteur en scène Stéphane Braunschweig. Les Ateliers Berthier accueillent une centaine de représentations par an. (…).

D'importants travaux techniques et de réaménagement de l'espace d'accueil ont été réalisés durant l'été 2015. La jauge de la salle a par ailleurs été augmentée d'une centaine de places.

Les Ateliers Berthier sont très attentifs à s’ouvrir aux publics de proximité, par des tarifs préférentiels mais aussi des partenariats avec de nombreuses structures associatives et culturelles et établissements scolaires : projets d'éducation artistique et culturel (programme Adolescence et Territoire(s)), visites des coulisses du théâtre et de découverte des différents corps de métiers. L’environnement du théâtre, à proximité du parc Martin Luther King depuis le printemps 2014, se verra considérablement amélioré par la requalification du boulevard Berthier avec l’arrivée du tramway T3 en 2018. 

Clichy-Batignolles possède plusieurs bâtiments ou ouvrages qui participent de la mémoire et de l’imaginaire du site. Derrière les Ateliers Berthier de Charles Garnier se trouvent les vestiges de l’ancien bastion de l’enceinte de Thiers, qui seront mis en valeur par la création d’un espace paysager. Également conservés, la gare de Pont-Cardinet, le bâtiment de l’horloge, celui de la forge qui accueillera un espace de restauration dans le parc ou encore une grande halle ferroviaire démontée pour être réinstallée à terme dans le parc.

 

Clichy-Batignolles, lieu de culture et de patrimoine, article consulté le 29 décembre 2020,  sur le site

https://archive-clichy-batignolles.parisetmetropole-amenagement.fr/un-lieu-de-culture-et-de-patrimoine.html

 

Clichy-Batignolles dans la dynamique métropolitaine du Nord-Ouest parisien

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