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Ce blog pédagogique d'histoire-géographie et d'éducation morale et civique (E.M.C.) tire son nom d'un terme issu du parler gaga (le parler stéphanois) ; le cafuron (window in english !) est une lucarne ou un oeil de boeuf éclairant un réduit. Ce blog s'adresse tout autant aux élèves du lycée Jacob Holtzer (Firminy- Loire) qu'à un public plus large. Bonne visite !

13 Jan

La notion de « société de la connaissance » (Peter Drucker, 1969), portée et débats

Publié par Louis BRUN  - Catégories :  #Histoire-Géographie-Sciences Politiques - Géopolitique

Qu’est-ce que la société de la connaissance ? En quoi cette notion fait-elle débat ?

Exercice 1. La  "société de la connaissance" selon Peter Drucker

 

1. Faites une présentation rapide de Peter Drucker et dites en quoi son parcours est original (biographie p. 456)

2. Dites dans quelle mesure la pensée de Peter Drucker constitue une rupture avec le fordisme et le taylorisme (biographie p. 456 et document 3 p. 456)

3. Indiquez de quelles manières P. Drucker définit la connaissance (documents 1 et 2  p. 546)

4. Expliquez quelles recommandations la théorie de Drucker induit-elle pour les entreprises et les Etats (document 3 p. 456).

5. A l’aide des réponses apportées, réalisé un schéma permettant de définir ce qu’est la société de la connaissance selon Peter Drucker. Vous pouvez placer les expressions suivantes :

 

Economie de la connaissance (la connaissance, ressource au cœur de l’économie)

 

Rôle de l’école et de la formation : accéder au savoircirculation de la connaissance

 

Rôle des médias et des nouvelles technologies : diffuser le savoir

 

Rôle des centres de recherche : produire du savoir

 

La notion de « société de la connaissance » (Peter Drucker, 1969), portée et débats

6. Montrez que cette conception de la société de la connaissance peut s’accompagner de dérives (documents 4 et 5 p. 457)

Exercice 2. La "société de la connaissance" face à la COVID-19 : accéder à la connaissance pour surmonter la crise

 

1. Lisez la tribune d’Olivier Nay, professeur de science politique, Université Paris 1 – Panthéon Sorbonne.

2. Définissez ce que l’auteur appelle « le transfert des connaissances »

3. Expliquez pourquoi il est nécessaire que la population puisse accéder à la connaissance

4. Dites comment, selon l’auteur, doit s’organiser ce transfert de connaissances

5. Montrez en quoi la mise au point des vaccins contre le COVID-19 constitue une parfaite illustration du concept de « société de la connaissance ». Vous insisterez sur la diversité des acteurs mobilisés pour surmonter cette crise sanitaire  (doc. 2).

La notion de « société de la connaissance » (Peter Drucker, 1969), portée et débats

Document 2.  Vaccins contre le Covid-19 :  Une mobilisation sans précédent

 

 Un an se sera écoulé entre la découverte des premiers cas d’une maladie inconnue, en décembre 2019, en Chine, et le lancement de la campagne vaccinale au Royaume-Uni, en décembre 2020. (…). Jusqu’ici, dix ans semblaient l’échelle de temps raisonnable pour conduire une telle entreprise.

Lors d’un séminaire en ligne, organisé mercredi 16 décembre par la Société française de pharmacologie et de thérapeutique, Odile Launay, infectiologue et coordinatrice du centre de vaccinologie Cochin-Pasteur a livré l’origine de cette performance. (…) Un ensemble d’ingrédients ont permis de réaliser cette recette inédite « à la vitesse de l’éclair », le nom de l’opération coordonnée du gouvernement américain.

Les premiers sont scientifiques : entre la découverte d’un cluster de mystérieuses pneumonies à Wuhan, en Chine, dans les derniers jours de décembre 2019, et la publication du virus, sur le site virological.org, il aura fallu dix jours, dont vraisemblablement trois pour en obtenir le génome détaillé. « Il y a dix ans, les outils de séquençage à haut débit arrivaient tout juste et l’opération aurait pris plusieurs semaines, précise Etienne Simon-Lorière, virologue à l’Institut Pasteur. (…).

Autre atout, de nouvelles « plates-formes » de fabrication des vaccins étaient disponibles. Au-delà des vaccins à virus atténués ou inactivés et des vaccins protéiniques, la méthode à vecteur viral avait obtenu ses premiers résultats avec la mise au point, par Merck, d’un vaccin contre Ebola. Quant à la fameuse technologie de l’ARN messager, les laboratoires allemands, BioNTech et Curevac, et américain, Moderna, s’y étaient attelés depuis une dizaine d’années, testant des vaccins contre la grippe, Zika ou le cytomégalovirus. (…)

Les scientifiques ont aussi bénéficié des connaissances acquises lors des deux précédentes pandémies de coronavirus, celle du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) en 2003 et le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS) en 2012. Au-delà des séquences génétiques, la structure de ces virus était bien connue, notamment celle de la protéine spicule – ou Spike –, clé d’entrée du pathogène dans les cellules humaines mais aussi cible privilégiée d’un potentiel vaccin. Si bien que, dès le printemps, des dizaines d’équipes se sont lancées dans la bataille non pas à l’aveugle, mais avec cette protéine dans le viseur. La cible aurait pu se montrer inopérante. Certains regrettaient cette concentration des efforts. Elle s’est révélée efficace, donnant raison au plus grand nombre.

Un nombre impressionnant, en vérité. Du jamais-vu, là encore, que cette mobilisation de toute la communauté scientifique. Des dizaines d’équipes à travers le monde, sur tous les continents, universitaires et industrielles, plus de 140 candidats-vaccins. Habituellement, leur mise au point repose sur quelques rares laboratoires, académiques ou privés. Pour les entreprises pharmaceutiques, l’investissement est lourd, le risque important, le gain pas forcément garanti. Le marché se concentre donc dans les mains de quatre géants historiques, GSK, Merck, Pfizer et Sanofi. Pour les équipes universitaires, le défi est autre : trouver des financements sur ce secteur considéré comme poussiéreux.

Or, cette fois, l’argent a coulé sans limite. Là où les budgets se déployaient en millions d’euros, ce sont des milliards qui sont tombés sur les chercheurs. Aux Etats-Unis, en Europe, en Chine, mais aussi dans les organisations consacrées à la santé des pays démunis (GAVI, CEPI, OMS) et dans les fondations (Gates, Welcome), des sommes gigantesques ont été dégagées, soit en subventions, soit en préachats de doses de vaccin, aucun pays ne voulant courir le risque de se trouver dépourvu une fois le produit venu.

Dans les laboratoires académiques également, des enveloppes exceptionnelles ont été dégagées et du personnel a été réorienté vers un objectif devenu prioritaire. Il faut dire que, pour des chercheurs souvent amoureux de leur métier, œuvrer sur le coronavirus était la seule manière de pouvoir entrer dans des laboratoires par ailleurs fermés pour éviter la progression de l’épidémie. Souvent isolés sur leur terrain, tous éprouvaient également le désir de participer à cette mission collective.

Aider, soutenir la collectivité : c’est armés de cette envie que des centaines d’abord, puis rapidement des milliers, des dizaines de milliers de volontaires ont répondu aux appels des laboratoires. Pas si évident, pourtant, pour un sujet sain d’accepter de recevoir un produit encore incertain. Pourtant, aucun industriel n’a éprouvé de difficultés à recruter les quelque 30 000 à 40 000 personnes nécessaires pour chaque essai de phase 3 (on en compte déjà 13). Ils ont, de surcroît, profité de l’ampleur de la pandémie. Pour obtenir des données statistiquement valables, il faut en effet disposer d’un certain nombre de personnes infectées. Aux Etats-Unis, au Brésil, en Grande-Bretagne ou en Afrique du Sud, les résultats sont tombés particulièrement rapidement.

Les agences de validation ont elles aussi accéléré leur examen. Aucune étape n’a été escamotée. L’Agence fédérale américaine de l’alimentation et du médicament a même résisté aux injonctions du président Donald Trump, qui rêvait d’un vaccin avant l’élection de novembre. En revanche, les rapporteurs américains, comme leurs homologues européens de l’Agence européenne du médicament, ont examiné les données « au fil de l’eau », commençant l’instruction avant de disposer de l’intégralité des éléments.

Enfin, les industriels ont pris des risques, souvent protégés, il est vrai, par des fonds publics. Dans les essais, d’abord. Plutôt que d’attendre la fin de chaque phase et de peser leurs chances de retour sur investissement avant de lancer la suivante, ils les ont enchaînées, quand ce n’est pas fusionnées. Mais le vrai quitte ou double, ils l’ont joué en lançant les chaînes de fabrication sans attendre le résultat de leur phase 3.

Confiants en leur réussite, mais aussi conscients de l’avantage majeur de tirer les premiers, ils ont réorienté leurs installations, quand ils n’en ont pas construit de nouvelles, et démarré la production. Si bien que, six jours après avoir reçu le feu vert de l’agence sanitaire britannique, le Royaume-Uni lançait, le 8 décembre, la première campagne de vaccination.

Rien de miraculeux ou de suspect. Juste une volonté collective de chercheurs, de citoyens, de responsables politiques et d’industriels. Ainsi déplace-t-on des montagnes à la vitesse de l’éclair. De quoi donner des espoirs, ou des regrets, à ceux qui s’escriment sur d’autres causes à faire lentement bouger les lignes.

 

Nathaniel Herzberg, Vaccins contre le Covid-19 : les raisons d’un record de vitesse, Le Monde, 23 décembre 2020

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