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20 Sep

un contexte favorable aux processus de décolonisation

Publié par Louis BRUN  - Catégories :  #Archives terminale S

Document 1. La puissance américaine vue par de Gaulle
 
De Gaulle relate ici sa visite auprès de Truman à la fin du mois d'août 1945.
 
Parmi les belligérants, ce pays était le seul intact. Son économie, bâtie sur des ressources en appa­rence illimitées, se hâtait de sortir du régime de temps de guerre pour produire des quantités énormes de biens de consommation. L'avidité de la clientèle et, au-dehors, les besoins de l'univers ravagé garantissaient aux entreprises les plus vastes débouchés, aux travailleurs le plein emploi. Ainsi, les États-Unis se sentaient assurés d'être longtemps les plus prospères. Et puis, ils étaient les plus forts ! Quelques jours avant ma visite à Washington, les bombes atomiques avaient réduit le Japon à la capitulation.
Le président (Truman) n'envisa­geait donc pas que la Russie put, de sitôt, risquer directement une guerre. C'est pourquoi, m'expliquait-il, les forces américaines achevaient de quitter l'Europe, à l'exception d'un corps d'occupation en Allemagne et en Autriche. Mais il pensait qu'en maints endroits la ruine, la misère, le désordre, pouvaient avoir pour conséquence l'avènement du com­munisme et procurer aux Soviets autant de victoires sans batailles. Au total, le problème de la paix n'était donc, suivant lui, que d'ordre éco­nomique.
 
Charles de Gaulle, Mémoires de guerre,tome 3: Le Salut (1944-1946), Plon, 1959
 
 
Document 2. Le bilan industriel de la Seconde Guerre mondiale
 
 
Indice de la production industrielle en 1947 (base 100 = 1937
Allemagne
37
Belgique
91
France
85
Italie
90
Pays Bas
94
Royaume-Uni
100
Etats-Unis
163
 
 
Document 3. Le bilan humain de la Seconde Guerre mondiale

 
Document 4. Les conséquences de la guerre pour les colonies
 
Les vicissitudes de la guerre ont fait perdre à l'Europe le capital de crainte que sa force avait amassé auprès des peuples coloniaux. En Asie du Sud-Est, la victoire japonaise montre aux nationalistes indigènes que l'Occident ne détient plus le monopole technique et militaire qui assurait sa domination. (...). D’ailleurs, les Japonais, dans les pays qu’ils occupent, constituent des gouvernements fantoches, ouverts aux élites locales. En marge du conflit, L'Afrique noire n'en participe pas moins à l'effort de guerre. (...). L'intégration de l'Afrique noire dans l'économie de guerre européenne se solde par d'importantes mutations économiques et sociales. Une demande accrue de matières premières et de produits alimentaires par les métropoles accélère le processus d'urbanisation. (...). Partout des élites nouvelles se constituent, combinant traditionalisme et volonté d'assimilation : elles souhaitent vouloir créer, dans leur pays, des institutions démocratiques sur le modèle occidental. Aussi la guerre révèle-t-elle des "hommes nouveaux" : Nkrumah en Côte de l'Or, Senghor au Sénégal, Houphouët-boigny en Côte d'Ivoire..., dont la pensée et l'action aboutissent à une transformation des rapports entre Africains et Européens.
 
D’après S. Berstein et P. Milza, Histoire du XX° siècle, tome 2, 1993, p. 126 à 128.



Document 5. Extraits de la Charte des Nations Unies (26 juin 1945). 55 Etats sont alors adhérents
 
Article 1. Les buts des Nations Unies sont les suivants
 
(….)
 
2. Développer entre les nations des relations amicales fondées sur le respect du principe de l’égalité des droits des peuples et de leur droit à disposer d’eux-mêmes.
3. Réaliser la coopération internationale en résolvant les problèmes internationaux d’ordre économique, social, intellectuel ou humanitaire, en développant et en encourageant le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales pour tous, sans distinction de race, de sexe, de langage ou de religion.


Document 6. Extraits de la doctrine Jdanov
 
Le camp impérialiste (dirigé par les Etats-Unis) est soutenu par des Etats possesseurs de colonies (….)
Les forces anti-impérialistes et anti-fascistes forment l’autre camp. L’URSS et les pays de la nouvelle démocratie en sont le fondement (…). Le camp anti-impérialiste s’appuie dans tous les pays sur le mouvement ouvrier et démocratique, sur les partis communistes frères, sur les combattants du mouvement de libération nationale dans les pays coloniaux et dépendants.
 
Jdanov, idéologue du Kremlin, proche collaborateur de Staline, 22 septembre 1947
 
Document 7. Les grandes puissances et la décolonisation
 
Le 16 novembre 1953, devant des syndicalistes réunis à Cleveland, le secrétaire d'État américain, John Foster Dulles, explique la position des États-Unis.
 
Sur le front du monde libre, les zones colonisées ou dépendantes sont le champ d'une compétition des plus dramatiques. Là s'affrontent en prise directe la politique occidentale et l'impérialisme soviétique.
Au XIX° siècle, en particulier, les puissances occidentales ont pratiqué le colonia­lisme ; mais par la nature même de la civilisation occidentale fondée sur la croyance en la nature spirituelle de l'homme, il était inéluctable que ce colonialisme soit tran­sitoire et ne se supprime de lui-même. ... [Cela] conduit, sous la garantie de la charte des Nations unies à développer en toute logique des gouvernements indépendants et des institutions libres chez les peuples qui ne se gouvernent pas eux-mêmes.
Nous ne pouvons cependant ignorer les dangers créés par le communisme inter­national qui compte détourner le nationalisme à ses propres fins impérialistes. ( ... )
Peut-être certains d'entre vous trouvent-ils que notre gouvernement ne pousse pas la politique de liberté aussi
vigoureusement qu'il le faudrait. je peux vous dire ( ... ) que nous savons distinguer les cas où la possibilité d'invoquer la menace communiste est susceptible de justifier des délais, et les cas où il n'existe pas de raison valable.
Nous avons de bonnes raisons de souhaiter maintenir l'unité avec nos alliés occi­dentaux, mais nous n'avons pas oublié que nous fûmes la première colonie à arracher l'indépendance. Et nous n'avons donné de chèque en blanc à aucune puissance colo­niale. Il n'y a pas le moindre doute dans notre conviction que la transition normale du statut colonial à l’autonomie doit être menée à une complète réalisation
 
Exercice 1. Un contexte favorable au processus de décolonisation
 
1. Quelle analyse géostratégique De Gaulle faisait-t-il au lendemain du second conflit mondial ? (doc. 1) . Quelle place semble occuper l’Europe et donc les puissances coloniales dans ce nouveau monde ? Confirmez ce point de vue en vous appuyant sur les documents 2 et 3
2 En quoi la guerre a-t-elle aussi amplifié les revendications d’indépendance qui sont nées dans l’entre-deux-guerres ? (doc. 4)
3. Quelle institution internationale est crée au lendemain du second conflit mondial ? Pourquoi ? Combien d’Etats y siègent ? Quel principe essentiel pour le processus de décolonisation est affirmé ? En quoi le rôle de l’ONU est-il essentiel dans le processus de décolonisation ? (doc.5)
4. Quelle attitude l'URSS adopte-elle à l'égard des peuples dépendants ? Pourquoi ? (doc. 6)
5. Quelle attitude adopte les Etats-Unis (doc. 7)
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