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08 Jun

La Grande Vadrouille, une vision édulcorée de l'occupation

Publié par Louis BRUN  - Catégories :  #première

Résumé de l’intrigue :

En 1942, un avion anglais est abattu par les Allemands au-dessus de Paris. Les trois pilotes sautent en parachute et atterrissent dans différents endroits de la capitale. Ils sont aidés par deux civils français, un chef d'orchestre et un peintre en bâtiment qui acceptent de les mener en zone libre; ils deviennent ainsi, malgré eux, acteurs de la Résistance.

(source :   allocine.fr)


Quelle image de la France occupée  nous livre La Grande Vadrouille ?

Qui ne s’est pas délecté devant les aventures de Louis de Funès (Stanislas Lefort, chef d'orchestre) et Bourvil (Augustin Bouvet, peintre en bâtiment)  dans La Grande Vadrouille ?  Enorme succès populaire avec 17 millions de spectateurs, le film est sorti sur les écrans en 1966. La France est alors dans cette période d’euphorie économique que sont les trente glorieuses. Elle a encore beaucoup de mal a regardé en face un passé qui ne passe pas. Le mythe d’une France résistante est largement admis. C’est emprunt de cette bonne conscience, que Gérard Oury réalise la Grande Vadrouille. De plus, sur le plan extérieur, la politique diplomatique de la France est une politique de réconciliation avec l’Allemagne. La construction européenne est en marche.

 



Les conditions de l’occupation et les difficultés du quotidien sont à peine évoquées. A la vision du film, ces années sombres ne semblent pas avoir été aussi difficiles. On en oublierait presque l’application de la législation allemande en zone occupée (notamment pour les juifs). Le film nous présente au contraire une France où les résistants sont légions. Après quelques hésitations, les deux héros acceptent d’aider des soldats anglais égarés dans un Paris occupé à passer en zone libre. Ce mythe est d’ailleurs né dès la Libération. On peut se reporter au célèbre discours de De Gaulle lors de la libération de Paris (discours de l’hôtel de ville, 25 août 1944) .

 

La zone  dite libre est appréhendée comme un  espace de liberté. Là aussi le film oublie la politique de collaboration dans laquelle le régime de Vichy s’est lancé dès octobre 1940, se faisant ainsi le relais de l’Allemagne nazie.  L’image des Allemands n’est pas non plus très négative. Ils apparaissent même comme de bons vivants.







Pour en savoir plus :

 

1. Sur la toile :

 

Le site d’Allociné avec  la fiche complète du film.
Le site de Wikipedia consacre un article à la grande vadrouille.
Le site belge cinetic propose sa lecture du film.

2. Des lectures rapides
 :

 

Pierre Laborie, Les Français sous Vichy et  l’occupation, Les essentiels Milan, 2003

Henry Rousso, Le régime de Vichy , collection Que sais-je ? , PUF, 2007


Commenter cet article

Louis BRUN 15/06/2008 16:29

Merci pour ce petit mot. Je te souhaite également de bonnes vacances

Sabri 15/06/2008 15:41

Bonnes vacances à vous ! Merci pour tout et à l'année prochaine !

louis Brun 13/06/2008 19:38

merci de l'intérêt porté au blog...

Francois 12/06/2008 22:47

Bravo votre blog est tres divertissant.
Je reviendrais souvent.

Un grand merci

Francois

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cafuron : mot issu du parler gaga signifiant "petite fenêtre", "oeil de boeuf éclairant un réduit" . Le cafuron est un blog d'histoire-géographie qui s'adresse au plus grand nombre ! Bonne visite !