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25 Jun

Pistes de correction du bac Histoire Géographie 2009 (mineure histoire)

Publié par Louis BRUN  - Catégories :  #Archives terminale S

Epreuve mineure histoire

 

Sujet 1. La présidence du général de Gaulle vue par Henry Kissinger

 

1. A quelles crises Kissinger fait-il allusion quand il évoque l'arrivée du général de Gaulle au pouvoir ?

 

Le Général de Gaulle arrive au pouvoir dans un contexte politique très troublé. La IV° République connait une valse des ministères. Cette instabilité ministérielle ne permet pas de résoudre la crise algérienne débutée en novembre 1954

En effet, La guerre d'Algérie va empoisonner la IV ° République. Elle doit composer avec les partisans de l'Algérie française et une partie de l'opinion qui dénonce à la fois l'envoi des appelées du contingent ainsi que la violence de cette guerre (répression menée par l'armée).

Le 13 mai 1958, Pierre Pflimlin est investi président du conseil. Favorable à une négociation, cette investiture inquiète les partisans de l'Algérie française. Pour manifester leur opposition et leur mécontentement une grande manifestation est organisée à Alger le même jour. On  est au bord de la guerre civile. Les manifestants s'emparent du gouvernement général.

Le Général Massu (commandant militaire du département d'Alger,  il dispose des pouvoirs de police délégué par le préfet d'Alger) prend la tête du mouvement de révolte et d'un comité de salut public : il appelle le général de Gaulle au pouvoir comme seul  capable de faire face à la situation.

Le 15 mai, Charles De Gaulle déclare à la presse qu'il se « tient prêt à assumer les pouvoirs de la République. » Appelé par le président de la République (Coty), le Général De Gaulle devient président du conseil le 1 juin. ; Le 3 juin 1958, il obtient des députés les pleins pouvoirs constitutionnels. La IV ° République disparait

 

2. Relevez les mesures prises par le général de Gaulle pour y faire face ?

 

Le général de Gaulle change la constitution et crée la V° République : un régime semi-présidentiel confiant à l'exécutif un pouvoir fort. Dans ce nouveau régime, le président de la République est la clé de voûte des institutions.

Le général de Gaulle procède au démantèlement de l'empire colonial.  Il procède à la décolonisation pacifique de l'Afrique noire tout en y  maintenant les intérêts de la France : des relations privilégiées vont unir les anciennes colonies à leur ancienne métropole (politique de coopération bilatérale : mise en place un réseau complexe d'influences reposant sur une aide financière, technique, culturelle et militaire)

Enfin le général de Gaulle négocie l'indépendance de l'Algérie avec le FLN et met ainsi fin à la guerre (accords d'Evian de mars 1962)

 

3. Quels sont les principaux axes de la politique extérieure du général de Gaulle d'après Kissinger ?

 

Après le règlement de la question coloniale, de Gaulle peut désormais se consacrer au redressement du rang de la France dans le monde.

Cette grandeur passe par l'indépendance nationale. Et celle-ci n'est possible que si la France dispose d'une force de dissuasion nucléaire. Dès 1960, la France expérimente sa première bombe A dans le désert algérien. Le programme nucléaire se poursuit avec l'expérimentation de la bombe H en 1968.

La politique de grandeur passe également par la politique étrangère.

En Afrique noire, La France conserve ainsi avec ses anciennes colonies devenues indépendantes des bases militaires et signe de nombreux accords de coopération.

Pour se dégager de l'influence américaine, la France se retire du commandement militaire de l'OTAN mais reste membre de l'Alliance atlantique. Affirmer l'autonomie de la France conduit le général de Gaulle à reconnaître la Chine populaire en 1964 , à entretenir des relations avec l'URSS et les pays de l'Est et à prendre des positions anti-américaines dans le Tiers Monde (critique en 1966 de la politique américaine au Vietnam).

Le même souci d'indépendance nationale conduit le général de Gaulle à une attitude de méfiance face à la construction européenne : sans remettre en cause le traité de Rome, il craint une évolution vers une Europe supranationale. Il s'oppose en 1967 à l'entrée du Royaume Uni dans le Marché commun.

 

 

4. Comment l'auteur explique-t-il le départ du général de Gaulle en 1969 ?

 

Les retards de la politique sociale, l'absence de concertation provoquent un mécontentement latent : de Gaulle n'apparaît plus comme un rassembleur mais comme le chef d'un camp et l'opposition progresse. Lors des premières élections présidentielles au suffrage universel de 1965, de Gaulle est ballottage au premier tour. Mais ce sont les évènements de mai 68 qui ébranlent le régime gaullien (crise étudiante qui devient sociale puis politique).

Pour Kissinger, le référendum du 27 avril 1969 n'est qu'un prétexte pour De Gaulle. Fatigué, c'est l'occasion selon lui de quitter le pouvoir. On peut, en effet,  rappeler que pour mettre un terme à la crise de mai 1968, les élections anticipées lui avaient donné une forte majorité.

 

 

5. Quelle image Kissinger donne-t-il du général de Gaulle ?

 

Kissinger a du général de Gaulle une double image. C'est tout d'abord un héros : le sauveur d'une France en crise. Il est celui qui a redressé la France. Il a donc la dimension d'un personnage historique. Mais il dénonce également cette conception du pouvoir (pratique présidentialiste) : Dans la deuxième partie du texte, il se moque de ce monarque républicain et de son attitude distante à l'égard de certaines tâches peu valorisantes à ses yeux.

 

Sujet II. Extraits du communiqué de Briori (Yougoslavie) publié à l'issue de la rencontre entre Nasser, Nehru et Tito le 19 juillet 1956.

 

1. Qui sont Tito, Nehru et Nasser ?

 

Tito est à la tête de la Yougoslavie. Il en est le président. Grand héros de la seconde guerre mondiale, il a su préserver  son pays de l'influence  soviétique : grâce à lui la Yougoslavie échappe au diktat soviétique.

Héros de l'indépendance indienne, Nehru est le premier ministre de l'Inde depuis 1948.

Nasser est le président de l'Egypte. Il est un des grands leaders du monde arabe. Soucieux de l'indépendance de son pays,  il n'hésite pas en entrer en conflit avec la France et le Royaume Uni lors de la crise de Suez (1956).

 

2. Dégagez à partir du document les grandes lignes du contexte international évoqué par les auteurs.

 

Les auteurs évoquent la bipolarisation du monde. En effet, les deux grands vainqueurs de la seconde guerre mondiale sont désormais ennemis. Tous deux détenteurs de l'arme nucléaire,   les Etats-Unis et l'URSS sont en compétition et essayent d'étendre leur influence politique, économique, culturelle, militaire. Dans ce contexte de guerre froide, Il semble difficile de rester neutre et  d'échapper à l'un des deux blocs.

 

 

3. Montrez que ce document s'inscrit dans la continuité de la conférence de Bandoung

 

On retrouve dans ce document les grands axes définis lors de la conférence qui s'est tenu à Bandoung (Indonésie) en 1955. Cette conférence rassemblait de nombreux Etats asiatiques parmi lesquels l'Inde, l'Indonésie, la Chine communiste et seulement quatre pays africains.

Ainsi le document condamne à nouveau le colonialisme (« la domination coloniale est absolument indésirable ») et manifeste sa solidarité avec les pays qui continuent à subir la domination coloniale. Ainsi, à la fin du texte,  les auteurs manifestent leur soutien au peuple algérien.

Comme à Bandoung, le texte réclame une aide au développement pour les pays d'Afrique et d'Asie dans le cadre de l'ONU ce qui dénote une prise de conscience que l'indépendance politique ne suffit pas et qu'un développement économique est nécessaire pour une réelle autonomie.

 

 

4. Quelles sont les propositions émises par les auteurs pour garantir la sécurité collective ?

 

On retrouve ici les idées du mouvement des non-alignés (qui se constituera officiellement à Belgrade en 1961).

Il s'agit tout d'abord de mettre un terme à la logique bipolaire et de garantir la sécurité collective dans le cadre de l'ONU (où les nouveaux pays indépendants sont de plus en plus nombreux à siéger).

 Cette politique de sécurité collective doit passer par une politique de désarmement (armes nucléaires et conventionnelles).

Cette sécurité collective passe également par le développement de régions sous-développées : il s'agit de mettre en place une véritable coopération économique et financière internationale (on devine ici déjà l'idée d'un nouvel ordre économique mondial plus juste).

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