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23 Sep

correction du Devoir maison sur la guerre d'Algérie

Publié par Louis BRUN  - Catégories :  #Archives terminale S

article réédité (première publication le 22 septembre 2006)

 

 « Comment évoluent la politique de la France et l’opinion publique, en métropole et en Algérie de 1954 à 1962 ?»


Le texte officiel définissant cet exercice précise que "le sujet fait apparaître une problématique explicite". Celle-ci peut-être exprimée de diverses manières : interrogative, affirmative appelant une démonstration ou en opposant deux propositions, etc.

 

 

Exercice 0. La lecture et l’analyse du  sujet :

 

1. Lisez le sujet. Que va devoir montrer votre réponse argumentée ?

 

 

« Comment évoluent la politique de la France et l’opinion publique, en métropole et en Algérie de 1954 à 1962 ?»

 

 

Le sujet nous invite donc à montrer des changements à la fois :

dans la politique mener par les gouvernants

dans la manière dont l’opinion publique en France et en métropole perçoit cette guerre

 

 

La guerre d’Algérie est un événement délimité chronologiquement : 1954 –1962. En aucun cas,  il nous est  par exemple demandé de travailler sur la mémoire de l’événement. La borne chronologique permet donc de cibler avec clarté la période à analyser

 

 

Exercice de la première partie.  Analyser l’ensemble documentaire en répondant aux questions

 

« Le candidat répond à des questions, cinq au maximum. C'est un exercice à part entière qui aide le candidat à analyser l'ensemble documentaire. (…) Les questions n'appellent pas, généralement, de réponses très longues. On attend que ces réponses soient concises, qu'elles comportent les notions, les faits et les informations nécessaires et précis et qu'elles soient rigoureusement rédigées. » (Ministère de l'Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, 3 mai 2004)

 

 

1. Rappelez, à l’aide du document 1,  quel type de colonie est l’Algérie ? Par qui est-elle peuplée ? (doc. 1et 3)

 

L’Algérie est une colonie de peuplement. Les Européens y sont nombreux : ils représentent environ 13 % de la population (Ainsi, Albert Camus est le fils d’un ouvrier agricole) . La population arabo-musulmanne représente donc 87% de la population. L’auteur parle des deux peuples constitutifs de l’Algérie (« Français et Arabes »).

 

2.  Rappelez quel principe politique  a guidé la France à l’encontre des populations dominées ?  Qu’en est-il réellement ? Pourquoi ? Quelle en a été la conséquence ? (doc. 1)

 

la France prétend mener une politique d’assimilation en Algérie. (Les peuples colonisées sont donc sensés avoir les mêmes droits et devoirs que n’importe quel autre citoyen Français de métropole).  Mais dans la réalité, les colonisés, bien que plus nombreux numériquement, restent dans une situation d’infériorité économique et sociale et ne bénéficient d’aucun droit politique : ils ne peuvent donc participer à l’administration de la colonie.

L’échec de cette politique d’assimilation est en partie à l’origine de la guerre d’Algérie. Certains Algériens décident de passer à la lutte armée : le FLN (Front de Libération Nationale) lance les premiers attentats le 1 novembre 1954 (Toussaint Rouge : CF Chronologie)

 

3. Quand  et dans quelles circonstances De Gaulle  parvient-il au pouvoir ? Comment évolue sa position à l’égard de l’Algérie entre 1958 et 1960 ? Pourquoi selon-vous ?(doc. 3)

 

Lorsque de Gaulle accède au pouvoir suite aux événements du  13 mai 1958 ;  il semble vouloir adopter le point de vue des colons, mais son célèbre « je vous ai compris » est ambigu.

Très vite, il se rend compte de l’impasse dans laquelle se trouve la France. Malgré d’incontestables succès militaires, celle-ci est isolée diplomatiquement : la décolonisation semble à l’échelle mondiale irréversible et les grandes puissances, notamment les États-Unis, soutiennent le combat des nationalistes algériens.

Il va donc infléchir peu à peu sa politique : après avoir reconnu le droit du peuple algérien à l’autodétermination (sept.1959), il se rend de nouveau en Algérie en décembre 1960 et fait acclamer, cette fois par la population musulmane, « l’Algérie algérienne ». Un mois plus tard, un référendum en métropole lui permet d’engager avec les représentants du FLN des négociations qui ouvrent la voie aux accords d’Evian.

 

4. Comment les Européens vivant en Algérie  envisagent-ils l’avenir de cette colonie ? (doc. 1 et 5)

 

Certains considèrent que «Français et Arabes » doivent vivre  en bonne intelligence et « s’associer librement ». Ainsi, Camus n’approuve ni les massacres du FLN, ni ceux de l’armée française et réclame une «Algérie de la Justice ». Les Français qui partagent les idées de Camus sont tout à fait ouverts à des réformes et considèrent qu’il est anormal que les Algériens aient moins de droits que les Français. Mais, cette opinion a été longtemps minoritaire et la plupart des Français d’Algérie s’oppose à tout changement de statut, bloquant toutes les réformes que la métropole avait pu envisager. C’est cette frange de la population qui intègre les rangs de l’OAS (Organisation de l’Armée Secrète) et fait des attentats en métropole pour que le gouvernement revienne sur sa politique.

 

 

5. Comment les Français de métropole perçoivent-ils ces évènements ? Qu’est-ce qui contribue à faire évoluer leur position ? (doc. 2, 4 et 5)

 

Quand éclate l’insurrection lors de la Toussaint 1954, la majorité des Français et de la classe politique veut ainsi garder l’Algérie. Cependant, l’opinion publique évolue et prend la mesure de la radicalisation de la population musulmane. De plus, le départ de 2,7 millions d’appelés et les débats autour de l’usage de la torture incitent un nombre grandissant de Français (donc les appelés du contingent, forcés de  faire leur service militaire en Algérie) à s’opposer à la « sale guerre » et à appuyer de Gaulle dans sa politique d’autodétermination.

La violence de l’OAS, ses attentats meurtriers, et son aveuglement, ne font que la renforcer dans sa conviction qu’il faut tourner la page et accorder l’indépendance à l’Algérie.

 


Exercice de la deuxième partie .


 

A l’aide des réponses aux questions, des informations contenues dans les documents et de vos connaissances, rédigez une réponse organisée au sujet : « comment évoluent la politique de la France et l’opinion publique, en métropole et en Algérie de 1954 à 1962 »


 « Pour la deuxième partie,
le candidat utilise les différentes sources d'information à sa disposition (réponses aux questions, autres informations contenues dans l'ensemble documentaire, connaissances personnelles). Il rédige une réponse organisée distinguant dans des paragraphes différents les grandes idées répondant au sujet. Cette réponse organisée comprend une ou deux phrases introductives et une ou deux phrases conclusives. Cette rédaction ne comporte pas de limite de volume. Mais il est à conseiller aux candidats de ne pas consacrer un temps excessif à l'ensemble de l'exercice qui est prévu pour être réalisé en 2h30 à 3h. » (Ministère de l'Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, 3 mai 2004)

 

 

Le travail d’analyse ne se limite donc pas aux questions. Vous pouvez utiliser d’autres informations contenues dans les documents et également faire appel à vos connaissances

 

 

Plan possible

 

Partie 1. La situation en Algérie en 1954

 

1. une colonie de peuplement (Européens et Arabes, les inégalités)

 

2. une opinion publique et des gouvernants attachés à l’Algérie française (le fleuron de l’empire colonial)

 

 

Partie 2. L’échec de la politique d’assimilation et la logique de la violence

 

1. la radicalisation des nationalistes algériens : le choix de la violence (le blocage des réforme et les premiers attentats)

 

2. la politique de répression menée par la France et l’envoi du contingent (Guy Mollet le bouclage du territoire, la bataille d’Alger)

 

Partie 3. le divorce entre les Français de métropole et d’Algérie

 

1. la « sale guerre » (les appelés, la torture, la détermination des nationalistes : l’opinion publique en France bascule en faveur de l’autodétermination)

 

2. les choix de Gaulle et la marche vers l’autodétermination (l’ambiguïté de la politique gaullienne, l’isolement diplomatique de la France)

 

3. la réaction suicidaire de l’OAS

 

 

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