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31 Oct

Industrialisation et urbanisation : le cas de Firminy

Publié par Louis BRUN  - Catégories :  #Patrimoine local

une forte augmentation de population
 
La population de Firminy a très fortement augmenté au cours du XIX° siècle. Sa croissance est ainsi de 205% entre 1851 et 1911. De 2627 habitants en 1820, sa population atteint plus de 21 000 habitants en 1931.
 
 
 
graphique réalisé par A. Atif, B. Gerbier, T. Girard, T. Vacher (classe de 1iere S1)
 
Dans la première partie du XIX° siècle, la population de l'Ondaine et de Firminy est majoritairement issue de la vallée. Son développement démographique est donc lié à un accroissement naturel favorable.
Néanmoins, Près de 30 % de la population est extérieure à la vallée par sa naissance. Cet exode rural est alimenté principalement par des communes paysannes situées à proximité de l'Ondaine (Saint Victor, Saint Paul en Cornillon, Saint Romain les Atheux, Saint Genest Malifaux, Saint Just Malmont, Saint Maurice en Gourgois, Saint Ferreol, Aurec, Marlhes...). Les nouveaux venus sont attirés par le développement des nouvelles activités industrielles (mines et métallurgie).
Dans la seconde moitié du XIX° siècle, l'accroissement naturel reste élevé. Si les communes rurales de Haute Loire continuent à fournir la part plus importante de l'immigration, on constate un apport non négligeable d'autres départements limitrophes plus lointains (Ardèche, Rhône, Puy de Drôme). La part de la population étrangère reste encore quasi nulle. Ce n'est qu'après la première guerre mondiale, que les industries locales font appel à une main d'oeuvre étrangère (polonaise, italienne, espagnole, d'Afrique du Nord).
 
La naissance d'une ville moderne
 
L'explosion démographique de Firminy a transformé l'ancien bourg en une véritable ville. C'est dans la seconde moitié du XIX° siècle que se construisent la plupart des immeubles destinés au logement. Les logements ouvriers sont constitués de maisons basses construites dans la précipitation, sans fondation. Ces logements de qualité médiocre sont humides et se désagrègent rapidement. Seuls quelques immeubles du centre-ville sont mieux bâtis. A l'exception de quelques réalisations, les industriels se sont peu intéressés au logement. Ce n'est qu'au lendemain de la première guerre mondiale, afin de fixer la main d'oeuvre que les entreprises industrielles décident de bâtir des cités aux logements spacieux et aérés. (cité des Trois Ponts, cité de la rue des Razes, cité de Combe Blanche).
 
vue panoramique n°1 :  la vieille ville (on devine l'Eglise Saint Pierre démolie en 1932)
 
 
La croissance urbaine s'accompagne de la multiplication des fonctions urbaines. La ville se dote d'infrastructures dignes d'une ville. Le cimetière est transféré vers son emplacement actuel en 1830 : le gain de place permet l'agrandissement de la place du marché. A partir des années 1850, le conseil municipal tente d'organiser la croissance urbaine. Les activités génératrices de nuisances se voient interdites dans le centre et sont installées en périphérie. Il s'agit de préserver au coeur de la ville un espace attractif et salubre pour les marchés et les commerces. La ville se développe en direction de l'actuelle place du Breuil : on aménage la place, on y construit l'église Saint Firmin (1860) , l'hôtel de ville et le nouvel hospice (1868).
 
 vue panoramique n° 2 : on devine l'Eglise saint Firmin sur la place du Breuil
 
La ville poursuit son extension en direction du boulevard Fayol. (construction de l'école du mas [1887], construction de l'école pratique [1902], construction de la caisse d'Epargne [1903], construction du marché couvert [1905]).
Ce nouveau centre s'oppose aux quartiers dégradés du vieux bourg et de la périphérie. Il convient néanmoins de préciser qu'une partie de la bourgeoisie avait des résidences hors du centre.
 
 vue panoramique n° 3 en direction du boulevard Fayol
(on devine les activités industrielles en périphérie)
 

Sources :
René Commère, Firminy, p. 411 à 437, in Grande encyclopédie du Forez et des communes de la Loire, le pays stéphanois- la vallée de l'Ondaine, sous la dir. De G. Gardes, éditions Horvarth, juin 1985.
Joseph Jacquemond, la révolution industrielle dans la vallée de l'Ondaine 1815 - 1914, Publications de l'université de Saint-Etienne, 1995
Les différents ouvrages de Jean Vigouroux (nombreuses informations sur la démographie)
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