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19 Mar

Camille Soutrenon, un militant CFTC aux Aciéries et Forges de Firminy

Publié par Louis BRUN  - Catégories :  #Projet Mémoires de la guerre d'Algérie

Découvrez les témoins qui ont accepté de participer à notre projet pédagogique et qui ont bien voulu répondre aux questions des élèves.

 

Camille Soutrenon est né à Unieux le 14 novembre 1929. Dernier fils d’une famille de deux enfants, son père est meunier au moulin de Garonaire à Unieux et sa mère est repasseuse.  Il grandit dans une famille très attachée aux valeurs religieuses. Il intègre ainsi très jeune le mouvement de jeunesse catholique « Cœurs vaillant » puis rejoint la J.O.C (jeunesse ouvrière chrétienne) ; 

Son enfance est marquée par la guerre. Il se souvient des réfugiés de 1940 mais aussi de l’action de ses parents qui ont, durant cette période, hébergé des personnes en fuite. Il s’implique dans la résistance en déposant clandestinement de fausses cartes d’identité dans des boîtes aux lettres ; celles-ci étaient transmisses par le vicaire de l’Eglise du Mas (Firminy), le Père Jacquin.

Après la guerre Camille Soutrenon  adhère à la C.F.T.C. (Confédération Française des Travailleurs Chrétiens) mais son engagement syndical est plus fort à partir de 1951, date à laquelle il quitte la J.O.C. Il devient secrétaire de l’union locale en 1962. En 1973, il participe à la création d’un centre de soin  au Chambon Feugerolles. Aujourd’hui encore, son engagement citoyen reste important il poursuit ses actions bénévoles au sein de plusieurs associations dont la C.L.C.V. (Consommation Logement Cadre de Vie), une association de défense de consommateurs.

En 1960,  il se marie  et devient le père de quatre enfants et grand-père de neuf petits enfants.

 

 

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Dès 1945 ,  il est embauché aux Aciéries et Forges de Firminy (qui deviennent par la suite C.A.F.L. [Compagnie des Ateliers et Forges de la Loire]) où il effectue toute sa carrière professionnelle ; après avoir passé quelques mois dans les ateliers (comme tourneur, fraiseur et ajusteur) il   intègre le bureau d’études. Il y est chargé des investissements à la tréfilerie. Il effectue également une longue mission en Tunisie où il est responsable de la mise en place d’une tréfilerie; par la suite il assure la gestion des problèmes environnementaux de l’entreprise.

Ses souvenirs de la guerre d’Algérie dans la vallée sont ceux d’un syndicaliste. Il se rappelle des nombreux ouvriers algériens et de leurs conditions de vie et de travail difficiles et précaires ; dans les années 50, la CAFL prend conscience de cette situation et entreprend un programme de rénovation des baraquements de la cité de l’écho (Firminy). Il est aussi témoin de l’arrivée des premières familles algériennes logées par l’office HLM de la ville du Chambon Feugerolles dans le quartier de la Romière.

Les premiers évènements passent inaperçus et ne créent aucune tension entre les différentes communautés ; Il se souvient aussi qu’au début il était difficile de mobiliser les ouvriers  et d’une manière plus générale la population : ceux-ci  sont alors surtout préoccupés par leurs conditions de travail ; 

A partir de 1955 et l’envoi du contingent, la mobilisation est  plus facile ; la guerre d’Algérie va progressivement créer des tensions entre militants de la CFTC mais aussi avec ceux de la CGT. Si très peu de travailleurs Algériens étaient syndiqués à la CFTC, il évoque des contacts entre le syndicat et  les nationalistes algériens.

Enfin, ses souvenirs sont surtout marqués par les fortes tensions créées par la menace de l’OAS à partir de 1961. Une véritable psychose de coup d’Etat fasciste s’empare alors de la population.

 

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