Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
02 Sep

I. Le premier vingtième siècle : la tentation d’une puissance sans engagement (1918-1941)

Publié par Louis BRUN  - Catégories :  #Terminale S

Comment les Etats-Unis conçoivent-ils leur rôle dans le monde après la Première Guerre mondiale ?

 

Chronologie indicative

 

Février 1917 : Première révolution russe ; fin de l’empire de Russie

6 avril 1917 : Entrée en guerre des Etats-Unis

Octobre 1917 : Prise de pouvoir  par les bolchéviks en Russie (seconde révolution russe)

3 mars 1918 : La Russie bolchévique signe une paix séparée avec l’Allemagne et ses alliés

11 novembre 1918 : Armistice

Janvier  1919 : Wilson arrive à Paris pour participer à la conférence de la Paix

28 juin 1919 : Signature du traité de Versailles.

19 mars 1920 : Rejet du traité de Versailles par le Congrès américain majoritairement républicains

2 novembre 1920 : Défaite des démocrates aux élections présidentielles

1924 et 1929 : les plan Dawes et Young sont adoptés successivement qui permettent aux Etats-Unis d’imposer un allègement des réparations allemandes. 

Août 1935 : le Congrès vote la première loi de neutralité, interdisant la vente d’armes)des pays belligérants. Deux autres lois suivent en 1936 et 1937

 

Document 1. Les Quatorze points du président Wilson

 

Ce que nous voulons, c'est que le monde devienne un lieu sûr où tous puissent vivre, un lieu possible spécialement pour toute nation  éprise de la paix, comme la notre, pour toute nation qui désire vivre librement de sa vie propre, décider de ses propres institutions, et être sûre d'être traitée en toute justice et loyauté par les autres nations, au lieu d'être exposée à la violence et aux agressions égoïstes de jadis. [...].

C'est donc le programme de la paix du monde qui constitue notre programme. Et ce programme, le seul possible selon nous, est le suivant :

Des conventions de paix, préparées au grand jour ; après quoi il n'y aura plus d'ententes particulières et secrètes d'aucune sorte entre les nations, mais la diplomatie procédera toujours franchement et à la vue de tous.

Liberté absolue de la navigation sur mer, en dehors des eaux territoriales, aussi bien en temps de paix qu'en temps de guerre, sauf dans le cas où les mers seraient fermées en tout ou en partie par une action internationale tendant à faire appliquer des accords internationaux.

Suppression, autant que possible, de toutes les barrières économiques, et établissement de conditions commerciales égales pour toutes les nations consentant à la paix et s'associant pour son maintien.

Échange de garanties suffisantes que les armements de chaque pays seront réduits au minimum compatible avec la sécurité intérieure.

Un arrangement librement débattu, dans un esprit large et absolument impartial, de toutes les revendications coloniales, basé sur la stricte observation du principe que, dans le règlement de ces questions de souveraineté, les intérêts des populations en jeu pèseront d'un même poids que les revendications équitables du gouvernement dont le titre sera à définir.

 

14° Il faut qu'une société des nations soit constituée en vertu de conventions formelles ayant pour objet d'offrir des garanties mutuelles d'indépendance politique et d'intégrité territoriale aux petits comme aux grands États.

 

Message adressé par le président Woodrow Wilson devant le Congrès des Etats-Unis, le 8 janvier 1918

 

Document 2. Les réticences des républicains

 

L’indépendance des Etats-Unis est plus précieuse, non seulement  à nos yeux mais aux yeux du monde entier, que n’importe quelle possession. Regardez les Etats-Unis aujourd’hui. Nous avons commis des erreurs par le passé. Nous avons eu des défauts. […] Mais pourtant, y a-t-il un pays à la surface de la terre qui puisse être comparé avec celui-ci en matière de  liberté, de paix ? […] Je n’ai jamais aimé qu’un seul drapeau et je ne peux étendre cette dévotion à une bannière composite créée pour une ligue [la SDN]. […] Je ne serai jamais rien d’autre qu’un Américain et je dois penser aux Etats-Unis d’abord […].

Les Etats-Unis constituent le meilleur espoir pour le monde mais si vous les enchaînez aux intérêts et querelles d’autres nations, si vous les emmêlez aux intrigues européennes, vous détruirez leur pouvoir de faire le bien et mettrez en danger son existence même. […]

Notre idéal premier est notre pays, et nous le voyons dans l’avenir, comme dans le passé, rendre service à son peuple et au monde entier. […]

 

Discours du leader républicain Henry Cabot Lodge, président de la commission des Affaires étrangères du Sénat, 12 août 1919.

 

 

Document 3. America First

 

Carte postale diffusée  lors de la campagne électorale du candidat républicain, Warren Harding (élections présidentielles de 1920). Il est largement élu président le 2 novembre 1920 sur un  programme de retour à la situation d’avant guerre.

 

 

americafirst2

 

« Je préfère briser le cœur du monde plutôt que de briser le cœur des Américains »

 

 

 

Document 4. La diplomatie du dollar

 

Encore dans une position débitrice de 3 700 millions de dollars à la veille du conflit, les Etats-Unis en sortent nantis d’une position créancière de 3 milliards de dollars auxquelles viennent s’ajouter 10 milliards de dettes de guerre. […] Les dirigeants républicains n’hésitent pas à appuyer par des pressions diplomatiques, les opérations extérieures de leurs entreprises. Celles-ci, fortes désormais d’une capacité d’autofinancement inconnue auparavant, se lancent dans toutes sortes d’initiatives : au Moyen Orient, où Washington réussit  à leur ouvrir des marchés jalousement gardés, ou en Colombie où, de 1922 à 1929, les investissements des Etats-Unis bondissent de 2 à 124 millions de dollars. Détenant chez eux 40% du stock d’or mondial et forts d’une devise élevée, avec la livre, au rang de devise clé dans le cadre du gold exchange standard […], ils peuvent donner une dimension nouvelle à leur « diplomatie du dollar ».

 

P. Mélandri, Histoire des Etats-Unis contemporains, André Versailles éditeur, coll. Références, 2008.

 

Document 5. Le pacte Briand Kellog : la guerre hors la loi

 

Le secrétaire d’Etat américain Franck Kellog signe à Paris le 27 août 1928, un pacte condamnant la guerre ; 57 pays ont signé ce traité. Il obtient le prix nobel de la paix en 1929.

 

 

 pactebriandkellog

 

Extrait de l’article 1 :

 

« Les Hautes Parties contractantes déclarent solennellement au nom de leurs peuples respectifs qu’elles condamnent le recours à la guerre pour le règlement des différends internationaux, et y renoncent en tant qu’instrument de la politique nationale dans leurs relations mutuelles. »

 

 

 

Document 6. La puissance financière des Etats-Unis dans le monde

 

Investissements américains à l’étranger durant l’entre-deux guerres

(en millions de dollars)

 

1919

1924

1929

1935

Canada

1543

2632

3660

3657

Antilles

606

1101

1154

871

Mexique

909

1005

975

912

Amérique centrale

115

155

286

192

Amérique du Sud

776

1411

3014

2574

Total Amériques

3949

6304

9089

 8206

 

Europe

1987

2653

4600

3026

Afrique

31

59

119

125

Asie

309

672

1040

915

Océanie

54

141

403

413

Divers

125

125

140

151

Total général

6455

9954

15391

12836

 

 

Cleona Lewis, America’s Stake in International Investments, Washington, 1938,

 cite dans Yves-Henri Nouailhat, les Etats-Unis et le monde au XX° siècle, Armand Colin, 200.

 

 

 

Exercice 2. Le premier vingtième siècle : la tentation d’une puissance sans engagement  (1917-1941)

 

Au début de la Première Guerre mondiale, les Etats-Unis adoptent une politique de stricte neutralité en raison notamment de la diversité démographique du pays (de nombreux émigrants sont d’origine germanique). En avril 1917, les Etats-Unis entrent finalement en guerre  comme « associés » et comme alliés de l’Entente. Les Etats-Unis fournissent un effort de guerre considérable : l’Etat fédéral mobilise l’économie et développe une propagande intense pour justifier l’engagement militaire auprès de la population. La mise en place de la conscription permet l’envoi de deux millions de soldats Américains en Europe. Cet engagement tardif compense l’avantage donné à l’Allemagne par le retrait de la Russie du conflit.

 

1. Présenter le document 1 en le replaçant dans son contexte international (vous pouvez vous aider de la chronologie indicative)

2. Comment le président W. Wilson justifie l’engagement militaire des Etats-Unis ? (document 1)

3. Quel rôle les Etats-Unis entendent jouer dans le règlement du conflit  et dans la construction d’un nouvel ordre mondial ? (document 1)

4. Comment le président Wilson envisage-t-il ce nouvel ordre mondial ? Quel rôle les Etats-Unis doivent-ils y tenir ?(document 1)

5.  En quoi les 14 points du président Wilson constituent un tournant sur le plan diplomatique pour les Etats-Unis ?

6. Comment le Sénat présente-t-il les choix diplomatiques des Etats-Unis ? Par quoi les sénateurs sont-ils tentés ? Comment justifient-ils cette position ?  Quelle en fut la conséquence ? (Document 2 et chronologie indicative)

7. Quel état d’esprit de la population américaine la victoire de Warren Harding traduit-elle ?  (Document 3)

8. Montrez que le retrait des Etats-Unis sur la scène internationale est relatif et qu’ils  interviennent ponctuellement (chronologie, documents 4  à t 6).

9. Quelles sont les conséquences financières et politiques de la crise économique consécutive au Krach boursier de 1929  (chronologie indicative et document 6) ? 

 

Bilan : à partir du travail réalisé, vous ferez une présentation orale qui permet de répondre à la problématique de départ

 

 

 

 

 

 

 

Commenter cet article

Archives

À propos

cafuron : mot issu du parler gaga signifiant "petite fenêtre", "oeil de boeuf éclairant un réduit" . Le cafuron est un blog d'histoire-géographie qui s'adresse au plus grand nombre ! Bonne visite !