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24 Dec

La politique de répression nazie et les étapes conduisant à la Solution finale

Publié par Louis BRUN  - Catégories :  #Projet Shoah

Quelles sont les étapes successives qui mènent à la solution finale ?

 

 

 

Document 1. lettre, d'un instituteur, adressée au rédacteur du journal der Stürmer .

 

Le Gauleiter Streicher nous a appris tant de choses sur les juifs que nous les haïssons comme il se doit. Nous avons fait, en classe, une rédaction sur le sujet : " Les juifs sont notre malheur. " Je vous prie de bien vouloir publier mon texte.  Le voici : « II y a malheureusement, aujourd'hui encore, beaucoup de gens qui disent : " Les juifs sont aussi des créatures de Dieu. Ils ont donc, eux aussi, droit au respect. " Mais nous, nous disons : la vermine est aussi une création de Dieu et pourtant nous la détruisons. Le juif est un sang-mêlé. Il a des ancêtres aryens, asiatiques, nègres et mongols. Chez le sang-mêlé, c'est la méchanceté qui domine. La seule bonne chose qu'il possède, c'est la couleur blanche de sa peau... Jésus a dit une fois aux juifs : " Votre père n'est pas Dieu, mais le Diable. " Les juifs ont un mauvais livre de lois. Il s'appelle le Talmud. De plus, les juifs voient en nous des animaux et nous traitent comme tels. Ils ont recours à toutes sortes de ruses pour nous voler notre argent et nos biens. Ils ont acculé la Russie à la misère. En Allemagne, ils ont financé le KPD (1) et les assassins. Nous étions au bord de l'abîme. Puis Adolf Hitler est arrivé. Aujourd'hui, les juifs sont à l'étranger et excitent l'opinion contre nous. Mais nous ne nous laissons pas faire et obéissons à notre Führer. Nous n'achetons rien chez les commerçants juifs. Chaque pfennig que nous leur donnons tue un des nôtres, Heil Hitler !

 

Cité dans l’ouvrage d’Erika Mann, 10 millions d’enfants nazis, Editions Tallandier, Paris, en 1988

 

1. Parti communiste d’Allemagne

 

Document 2. Les traits physiques de l'homme juif selon une brochure de propagande.

 

Les juifs sont fréquemment de petite taille, trapus, râblés. Ceci s'explique peut-être par le fait qu'ils fuient le travail physique. Ils se distinguent par une maigre carrure et la faible envergure des bras et l'absence de musculature développée en sont le résultat. Tout le monde sait que les juifs ont rarement de beaux mollets, souvent les pieds plats et les jambes arquées. Comme tous les peuples issus d'un climat du sud , ils connaissent un développement plus précoce sur le plan physique et intellectuel que les gens du nord. Avec l'âge ils ont tendance à l'embonpoint. Les Juifs ont le plus souvent une tête ramassée... Les lèvres charnues fréquentes et le menton fuyant ont déjà été évoqués. Le signe le plus distinctif est le nez crochu (dessiné en forme de six). Même là où il manque la forte courbure apparait la pointe de nez charnue... La lèvre inférieure est souvent proéminente, elle donne presque l'impression de déborder. Les yeux sont en forme d'amandes, la paupière supérieure est épaisse et tombante. Cela donne à l'œil une expression fourbe et sournoise. Le teint est en général mat, plus sombre que le notre. Les cheveux sont foncés, souvent noirs...

 

« Le Juif et l'homme allemand »,  brochure parue en 1936.

 

 

 

Document 3. Le ghetto de Varsovie jusqu’en juillet 1942

 

Le 12 octobre 1940, les Allemands ordonnèrent par décret la création d'un ghetto dans Varsovie. Ils exigèrent que tous les résidents juifs de la ville s'installent dans la zone indiquée, que les autorités allemandes allaient séparer du reste de la ville en novembre 1940. Le ghetto fut ensuite entouré d'un mur de plus de 3 mètres de haut, surmonté de fil de fer barbelés et bien gardé pour éviter toute circulation vers le reste de la ville. En tout, 500 000 Juifs passèrent par le ghetto qui était horriblement surpeuplé.(…).

Les SS et la police déportèrent les premiers Juifs du ghetto de Varsovie vers le camp d'extermination de Treblinka le 22 juillet 1942. Le 6 septembre, les Allemands avaient déporté et assassiné 300 000 Juifs de Varsovie. Une seconde vague de déportations, en janvier 1943, toucha environ 5 000 Juifs. Ce fut l'occasion de la première action de résistance armée des Juifs. La troisième et dernière vague de déportation se termina au printemps de la même année, le 16 mai. 50 000 survivants furent déportés au cours des mois d'avril et de mai 1943 à Treblinka et dans les camps de travail forcé de Poniatowa et de Trawniki et à Maïdanek, après l'écrasement par les Allemands de la révolte armée des résistants du ghetto qui avait duré un mois. Le ghetto fut entièrement détruit. Dans ses ruines, un camp de concentration fut érigé.

 

Encyclopédie multimédia de la Shoah,

http://memorial-wlc.recette.lbn.fr/fr/,

 

carteghetto.jpg

 

 

 

 

Document 4. Le témoignage du président du Conseil de la Communauté juive

 

Adam Czerniakow est chargé d’administrer le ghetto sous le contrôle des Allemands qu’il rencontre quotidiennement. Il a tenu son journal jusqu’au 23 juillet 1942, date de son suicide.

 

« 21 mai 1941

Nous avons été reçus par le gouverneur Fischer. Il nous a dit, pour commencer, que son objectif n’était pas d’affamer les Juifs. Les rations seront peut-être augmentées et il y aura du travail, ou des commandes, pour les ouvriers. Il a fait remarquer que les cadavres dans les rues font mauvaise  impression. En effet, les corps restent là (le visage recouvert d’un  papier journal et d’une brique). Les cadavres doivent être rapidement enlevés, a-t-il déclaré. Il a ajouté que  nous recevrons peut-être des dotations supplémentaires de nourriture pour la police et le personnel de la Communauté. (…)

Ils veulent nous donner 500 tonnes d’avoine pour que nous la transformions en flocons. Malheureusement, nous n’avons pas de moulins. (…)

 

4 juin 1941

J’ai soulevé la question des cuisines. Il faudrait peut-être remplacer la farine de seigle par de la farine de froment, car avec la première, au lieu d’une soupe, on n’obtient que de la colle. (…) j’ai visité 4 cuisines. Les soupes à la farine de seigle, additionnées de quelques légumes et d’un peu de graisse, ne sont pas aussi mauvaises que ce qu’on m’a dit. (…)

Le typhus s’étend du côté aryen. Hagen et d’autres affirment que l’épidémie vient du ghetto, et ils exigent des bains pour tous les habitants du ghetto. Je pense que le typhus se propage à cause de la misère et de la malnutrition. »

 

Adam Czerniakow, Carnets du ghetto de Varsovie, La Découverte, 2003.

 

 

 

Document 5.  Témoignages d’exécutants

 

Le plus long est de creuser les fosses, alors que l’exécution elle-même prend beaucoup moins de temps (100 personnes en 40 minutes). Au début mes hommes n’ont pas réagi. Mais le deuxième jour on remarquait qu’un ou deux n’avaient pas la force morale de procéder aux exécutions pendant des périodes prolongées. Je dirai quand à moi qu’on ne souffre pas d’inhibitions psychologiques pendant u ne exécution. Elles viennent plus tard, quand on y repense dans le calme et le silence le soir, au bout de plusieurs jours.

 

Rapport du lieutenant Walther sur une exécution près de Belgrade, 1 novembre 1941

 

Ici on abat tous  les Juifs. Partout des opérations similaires sont en cours. Hier soir, 150 juifs de cette bourgade ont été exécutés – hommes, femmes et enfants, tous tués. On extermine les Juifs jusqu’au dernier. (…) Cela doit être fait. N’en dis rien à R. (leur fils ainé)

 

Lette du major (1) du 105e bataillon de réserve de la police stationné au Nord de l’URSS

Lettre citée dans R. Browning, Politique nazie, travailleurs Juifs, bourreaux allemands, Paris, 2002

 

1. Cet homme de 40 ans était représentant de commerce dans le civil

 

Document 6. La justification du programme T4

 

 

EnthanasiePropaganda.jpg

 

On pense que la planification du Programme d'euthanasie commença au début du mois de juillet 1939. En octobre 1939, Hitler signa une autorisation secrète afin de protéger les médecins, le personnel médical et les administrateurs qui participaient au programme contre d'éventuelles poursuites ; cette autorisation fut antidatée au 1er septembre 1939, afin de laisser penser que le Programme d'euthanasie était en rapport avec les mesures de guerre. Cette opération secrète reçut le nom de code "T4", en référence à l'adresse berlinoise du bureau de coordination du programme (Tiergartenstrasse 4). Six installations de gazage furent finalement mises en place dans le cadre de ce programme : à Bernburg, Brandenburg, Grafeneck, Hadamar, Hartheim et Sonnenstein.

Les victimes du Programme d'euthanasie incluaient à l'origine les enfants et les adultes atteints de déficiences, d'anomalies physiques ou de maladies mentales. Les patients à exterminer étaient sélectionnés par les médecins du T4. Ces médecins examinaient rarement les patients, mais basaient souvent leurs décisions sur les dossiers médicaux et les diagnostics établis par le personnel des institutions d'où provenaient les victimes.

Ceux qui étaient sélectionnés étaient transportés par le personnel du T4 au "sanatorium" qui faisait office de centre de gazage. On annonçait aux victimes qu'elles allaient faire l'objet d'une évaluation physique et qu'elles allaient prendre une douche désinfectante. Au lieu de cela, elles étaient tuées dans des chambres à gaz avec du monoxyde de carbone pur. Leurs corps étaient immédiatement incinérés dans le four crématoire des installations de gazage. Les cendres des victimes incinérées étaient prises dans un tas commun et placées dans des urnes sans identification précise. Une urne était envoyée à la famille de chaque victime, avec un certificat de décès donnant une cause et une date fictives. Le décès soudain de plusieurs milliers de patients préalablement accueillis dans des institutions, avec des certificats de décès mentionnant des causes et des lieux de décès étrangement similaires, provoqua la suspicion. En fin de compte, le Programme d'euthanasie fut rapidement connu dans de vastes cercles de la société allemande.

Pendant la phase initiale des opérations, de 1939 à 1941, environ 70 000 personnes furent tuées dans le cadre du Programme d'euthanasie. Lors des débats du Tribunal militaire international à Nuremberg (1945-1946), on estima que le nombre total des victimes atteignit 275 000 personnes. (…).

Le Programme d'euthanasie inaugura l'utilisation des chambres à gaz et des fours crématoires pour les exterminations systématiques. Les experts qui y prirent part contribuèrent plus tard à la mise en place et au fonctionnement des camps d'extermination de la "Solution finale".

 

Encyclopédie multimédia de la Shoah,

http://memorial-wlc.recette.lbn.fr/fr/,

consulté le 15 décembre 2010

 

 

 

Exercice 1. Les persécutions antisémites en Allemagne (1933-1939)

 

1. A l’aide du paragraphe A p. 190 et des documents 1 , 3, 4  p. 191, complétez le tableau suivant. Vous indiquerez les dates lorsque cela est possible

 

400 décrets anti-juifs sont édictés entre 1933 et 1939 (et près de 2000 jusqu’en 1945). Ils excluent les Juifs de la société allemande.

 

Brimades -violences

 

Limitation de l’accès aux études supérieures

 

Exclusion professionnelle

Séparation politique

 

Séparation biologique

Exclusion sociale

 

Appel au boycott des magasins juifs (en mars 1933)

 

Numerus clausus imposé à l’entrée des grandes écoles et universités

Les Juifs sont chassés de l’administration (décret du 7 avril 1933),

de la justice, de l’enseignement, des professions libérales et de l’armée

Les Juifs sont privés de la citoyenneté allemande  et sont désormais considérés comme des sujets de l’Etat

(lois de Nuremberg de 1935)

Interdiction des mariages entre Juifs et aryens

 

Interdiction d’employer des citoyens allemands par des Juifs

(lois de Nuremberg de 1935)

Retrait du permis de conduire interdiction de l’abatage rituel des animaux destinés à la consommation…

 

2. Comment la propagande officielle présente les Juifs aux Allemands ? (documents 1 et 2)

 

La propagande officielle revient ici sur les caractéristiques physiques et morales des Juifs telles que nous les avons rappelées dans le cours sur l’idéologie nazie

 

3. Rappelez ce qu’est la nuit de Cristal (contexte, date, déroulement)  (paragraphe B p. 190 et document 4 p. 191)

 

La nuit de Cristal se déroule d’un contexte de durcissement de la politique antijuive.  Alors que l’Allemagne se prépare à la guerre, l’année 1938 constitue un tournant. Le 26 avril, les Juifs sont contraints de déclarer tous les biens qu’ils possèdent. C’est le début d’un processus de spoliation appelé « aryanisation » (définition p. 190). Les entreprises  appartenant à des Juifs sont confisquées, les commerces fermées et les travailleurs indépendants contraints de cesser toute activité.

 

Bilan de la nuit de Cristal : 91 personnes sont assassinées, 267 synagogues saccagées et incendiées et plus de 700 magasins détruits. Rendue responsable des dégâts, la communauté juive est condamnée à verser une amende d’un million de marks. De plus, 25.000 à 30.000 Juifs qui sont internés en camps de concentration pour la première fois. C’est un tournant : pour lapremière fois des Juifs sont placés dans un camp en raison de leur judéité.

 

4. Quel est l’objectif de toutes ces mesures pour le  pouvoir nazi ? (document 5 p. 191)

 

Le but de toutes ces mesures est de forcer les juifs à l’exil. 150 000 Juifs quittent l’Allemagne entre 1933 et 1938 et 120 000 autres Juifs quitteront l’Allemagne après la nuit de Cristal.

 

 

Exercice 2. La création des ghettos  en Pologne occupée (1939-1941)

 

1. En quoi la conquête de la Pologne constitue une donnée nouvelle pour les nazis (carte  2 p. 189) ?

 

La conquête de la Pologne place sous l’autorité nazie une très importante communauté juive

 

2. Quelle solution  est  envisagée  par les nazis ? (doc. 3 p. 193 et doc. 1 p. 188)

 

La solution qui est envisagée est une solution territoriale : déplacer les  populations pour exclure les Juifs et mettre à leur place les minorités allemandes issues de l’Europe de l’Est, la norme officielle étant d’un colon installé pour 4 déportés. Ainsi, dès septembre, il est décidé de transférer les Juifs dans certaines villes et de les parquer dans des quartiers séparés : les ghettos. Des unités spéciales appelés Einsatzgruppen (groupes d’intervention) sont chargés de ces opérations : dissolution des petites communautés, destruction des villages et des synagogues, recensement des Juifs, port de signe distinctif (étoile jaune, brassard blanc avec une, étoile de David), couvre-feu, travail forcé pour les adultes.

Les Juifs sont donc brutalement contraient de quitter leur domicile en abandonnant tous les biens qu’ils ne peuvent transporter. Leurs entreprises sont liquidées ou rachetées par des Allemands

 

3. Comment se distingue le ghetto du reste de la ville ? Quelles sont les conditions de vie  à l’intérieur ? Quelles en sont les conséquences ?  (Documents 3 et 4)

 

Le ghetto est entouré d’une enceinte surveillée que les Juifs ne peuvent franchir sans laisser –passer. A l’intérieur, les Juifs sont surveillés par la Gestapo et la police criminelle. Un conseil des Juifs (composé de responsables laïcs et religieux) est chargé de faire appliquer les directives allemandes.

L’approvisionnement en nourriture et en combustible est volontairement insuffisant. La famine organisée, le surpeuplement, le froid et les épidémies provoquent une mortalité importante. Mais la peur d’épidémies inquiète les populations à proximité des ghettos.. 

Pour les nazis, l’enfermement des Juifs dans les ghettos n’est que provisoire. C’est une étape intermédiaire avant leur expulsion définitive des territoires sous domination allemande. Dans un premier temps, il est envisagé de créer une réserve juive dans le district de Lublin mais le projet est abandonné car les Allemands préparent leur attaque contre l’URSS.

Après l’invasion de la France, un projet d’émigration forcée de 4,5 millions de Juifs (à leurs frais) vers Madagascar est envisagé ; le contrôle des mers par les Britannique rend le projet irréalisable. On abandonne dès l’automne 1940 l’idée d’une déportation des Juifs à Madagascar.

L’hiver 40/41 entraîne une explosion de la mortalité dans les ghettos et la question devient urgente pour les dirigeants nazis

L’idée qui germe est celle de l’élimination des Juifs.

 

 

Exercice 3. Vers la solution finale

 

 

1. En quoi  l’attaque de l’URSS le  22 juin 1941 marque un tournant dans le processus génocidaire ?  (document 2 p. 193, carte 2 p. 189)

 

Pour Hitler, la guerre contre l’Union Soviétique n’est  pas une guerre conventionnelle mais une guerre totale, une guerre « d’extermination » ayant pour but ultime l’anéantissement du judéo-bolchevisme.

5 millions de Juifs vivent alors sur le territoire soviétique, dont quatre dans la partie occidentale directement touchée par l’invasion.

 

2. Que sont les Einsatzgruppen (vocabulaire p. 192) ? Quel rôle joue-t-il dans le processus génocidaire ? (Documents 5 et 6 p. 193, document 3 p. 189 et document 5 ci-dessous)

 

Dès le printemps 1941, quatre unités spéciales, les Einsatzgruppen , ont été constituées pour suivre l’avancé des troupes allemandes. Elles comptent près de 3 000 volontaires : Waffen SS, membres des forces de police, auxiliaires baltes et ukrainiens. Dans un premier, ces unités mobiles sont chargées d’éliminer les commissaires politiques, les militants communistes et les hommes juifs.  L’été 41 voit ainsi un premier basculement dans l’utilisation de la violence avec les premières exécutions. 

Une étape supplémentaire est alors franchie dans l’extermination avec des exécutions de femmes puis d’enfants sur le front de l’Est à partir d’août 1941. Est-ce un mécanisme conscient ou inconscient ? Les sources ne permettent pas de le dire. Mais, on peut dégager de cette période  un véritable continuum de l’expérience génocidaire : d’abord des hommes puis quelques femmes, puis des femmes et quelques enfants, puis des enfants. Cela montre que les hommes au front ont intégré cette violence et qu’ils consentent eux aussi au génocide au nom de la survie biologique de la race. (CF doc. 5 « cela doit être fait »  Le génocide est, en effet, un geste de défense raciale.

Les exterminations prenant de l’ampleur, les Einsatzgruppen délèguent progressivement les fonctions les plus traumatisantes aux populations locales puis aux détenus juifs (récupérer les cadavres puis les exhumer). Cependant, cette expérience constitue pour les soldats allemands un traumatisme : des cas nombreux de dépression apparaissent, on a mention de deux suicides dans les Einsatzgruppen. Il faut donc trouver rapidement d’autres choix, dès l’été 41, pour trouver des alternatives à la fusillade de masse.

Ces tueries feront 800 000 victimes avant la tenue de la conférence de Wansee de janvier 1942 et plus de 1 500 000 morts au total.

 

3. Quelle méthode avait été expérimentée juste avant la guerre ? Qui concernait-elle ?  Que va-t-elle permettre transposée aux populations juives ? (document 4 p. 141 et document 6)

 

De nouvelles méthodes vont donc être mises en place qui trouvent leur origine au début du conflit en septembre 1939.

En effet, lors de l’entrée en guerre en 1939, s’est posée en Allemagne déjà la question de la manière d’agir avec les incurables, les malades mentaux qui compromettaient la pureté de la race aryenne. Une autorisation rétroactive est donnée pour tuer par euthanasie, par mort dans des chambres à gaz, ces « vies sans valeur ». On a donc, dès septembre 1939, une première filière de mise à mort qui mobilise de médecins, des soldats qui suscitent rapidement les protestations de la société civile. On abandonne donc ce système mais des équipes rôdées sont constituées. Elles vont permettre l’assassinat de tous les juifs d’Europe.

 

4. De quand date ce document ? Quel projet est adopté à la Conférence de Wannsee ? En quels termes est-il présenté ? (document p. 199). Au regard du travail réalisé que peut-on en déduire ?

 

Ce document date du 20 janvier 1942. Cette conférence réunit quinze hauts responsables du Troisième Reich. Présidé par Reinhard Heydrich, la conférence  précise les modalités administratives, politiques et diplomatiques de la « Solution finale du problème juif ».

Au moment où la conférence se tient, l’extermination des Juifs a  déjà commencé. Cette conférence constitue néanmoins une étape décisive car elle confirme le contrôle des tueries par la SS et lui assure le soutient de l’ensemble de l’appareil d’Etat.

 

Quand est décidé le génocide ?

Dans ce domaine, les positions divergent :

 entre Ch. Browning qui pense que le génocide a été décidé dans l’euphorie des victoires de juillet/août 1941,

alors que Burrin pense que la décision est plus tardive, qu’elle aurait été prise en octobre 1941, après l’arrêt des victoires (dimension alarmiste).

Une nouvelle génération d’historiens pense aujourd’hui que la prise de décision est encore plus tardive : fin 1941/printemps 1942.

 

Dès l’automne 1941, on lance les premiers programmes d’extermination à titre expérimental : camions à gaz, puis utilisation à Chelmno, premiers camps d’extermination à Belzec, Maidanek… Eichmann choisit au cours de l’été 1941 un site en Silésie au même moment où l’on trouve les propriétés du gaz Zyklon B dont l’absorption est rapidement mortelle. C’est la mise en place du programme d’extermination.

A la fin de 1941, la déclaration de guerre des Etats-Unis est présentée comme une manœuvre des Juifs américains : cette déclaration est aussi à l’origine pour certains historiens d’une peur de la défaite chez les Allemands qui expliquerait la prise de décision avec la conférence de Wannsee en janvier 1942. Pour certains historiens, c’est bien l’expérience traumatisante antérieure qui a conduit au génocide et non les victoires de 1939 à 1941 et ce processus trouve son aboutissement à la fin de l’année 41.

En décembre 1941, il y a en fait une cristallisation de décisions locales qui deviennent la politique nationale. Par exemple, les initiatives locales qui consistent à tuer aussi les femmes et les enfants sont connues a posteriori par Himmler qui légitime ensuite leur pratique. Décembre 1941, c’est la généralisation de ces procédés d’extermination mais Hitler dans un premier temps ne dit jamais quand ni comment le génocide va se passer. Il faut attendre mai 1942, à la mort du S.S Heydrich, pour qu’Hitler fixe un objectif : il faut terminer le génocide en un an. Résultat : mai 1942 : 80% des victimes de l’extermination sont encore en vie et en mai 1943 seulement 20%.

 

5. Où sont envoyés les Juifs d’après ce document ? (document p. 199)

 

Les Juifs de toute l’Europe seront  envoyés dans l’Est de l’Europe.

 

 

 

 

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