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01 Oct

Les aciéries d'Unieux entre croissance et crise (correction DS 1iere S2/4)

Publié par Louis BRUN  - Catégories :  #première

Vous montrerez en quoi ces deux documents  sont révélateurs des cycles de croissance et des mutations sociales que connait la France depuis le milieu du XIX° siècle.

 

Document 1. Vues sur la ville d’Unieux  au début du XX° siècle et au début du XXI° siècle (Source personnelle L. BRUN)

 

 

 unieuxzoneindus.JPG

 

 

1. Le château Holtzer, résidence de Jacob Holtzer (1788 – 1862), fondateur  des aciéries Holtzer en 1829. 

A la point de l’innovation, ces usines ont produit des aciers de réputation mondiale et notamment des aciers spéciaux qui ont permis la fabrication d’outils et de pièces d’armements. En 1953, l’aciérie Holtzer est intégrée à la CAFL  (Compagnie des ateliers et forges de la Loire) : avec les aciéries de Firminy, l'ensemble constituera l'Usine de l'Ondaine. En 1970, la CAFL fusionne avec la Société des forges et aciéries du Creusot pour former la société Creusot Loire. En 1983 Creusot Loire fait faillite.  L'usine métallurgique est reprise par USINOR, mais c'est le point de départ d'un démantèlement qui va la faire éclater en plusieurs établissements dont plusieurs se révèleront économiquement non viables.

 

 

Document 2. L’essor des établissements Jacob Holtzer

 

années

Nombre d’employés

Superficie (m²)

Tonnage vendu

1849

80

 

700

1860

500

30 960

1 650

1880

 

55 400

5 131

1900

1500

113 900

6 137

1913

1700

125 000

 

1914-1918

6 000

 

 

 

D’après J. Jacquemond, La révolution industrielle dans la vallée de l’Ondaine (1815 – 1914),  Publications de l’université de Saint-Etienne, 1995

 

 

1. Après avoir décrit le paysage A, vous indiquerez à quelle phase d’industrialisation il correspond.  (Document 1)

 

Le paysage  A est un paysage industriel. Nous pouvons identifier  au premier plan de nombreuses usines et leurs hauts fourneaux traversée par une voie ferrée permettant d’acheminer la matière première et d’exporter les produits transformés. Ces activités industrielles sont localisées dans la vallée.

Au deuxième plan, sur la colline et cachée dans la végétation, nous pouvons identifier la demeure de Jacob Holtzer, propriétaire des usines.  Sur la gauche on devine des champs encore exploités par les paysans.

Ce paysage correspond à un paysage né lors de la première phase d’industrialisation. En effet, cette phase est celle qui débuta au  milieu du XIX° siècle et qui est centrée sur une nouvelle énergie le charbon et sur les industries métallurgiques et textiles.  

 

 

2. Comment évolue l’entreprise entre 1849 et 1914. Comment peut-on expliquer cette évolution ?  (Documents 1 et 2)

 

Nous pouvons constater que l’entreprise connait une forte expansion :   sa main d’œuvre   est multipliée par 21 entre 1849 et 1913 puis à nouveau  par 3 durant la Grande Guerre. Sa superficie est également multipliée par 4 entre 1860 et 1913. Enfin les tonnages produits sont multipliés 8.5 entre 1849 et 1900.

Cette expansion peut s’expliquer par une augmentation de la demande : cela est particulièrement net pour la période 1914-1918 où la main d’œuvre connait une forte augmentation en raison des besoins liés au conflit mondial.

L’essor de l’entreprise est aussi à mettre en relation avec le développement des transports [CF voie ferrée du premier plan] : avec l’abaissement des couts du transport il est possible de conquérir de nouveaux marchés. L’entreprise est capable d’innover en permanence de mettre au point des aciers de grande qualité.

La mécanisation permet aussi à l’entreprise de se développer et d’être  compétitive.

Il convient aussi d’ajouter le rôle central joué par les chefs d’entreprise comme Jacob Holtzer.

 

 

3. De quelles mutations sociales s’accompagne cette évolution ?

 

Cette évolution a des incidences sociales.

Cette évolution s’accompagne tout d’abord  de l’essor de l’emploi industriel (OS et OQ). L’essor de la grande entreprise explique le besoin croissant d’ouvriers. Ainsi Les effectifs n’ont cessé d’augmenter. Cette main d’œuvre est venue des campagnes environnantes puis de l’étranger (recours à l’immigration).

L’essor de l’industrie s’accompagne aussi de l’essor des emplois tertiaires (secrétaires, chercheurs…)

Elle s’accompagne enfin de l’essor de l’emploi salarié.

 

 

4. Confrontez les deux paysages. Que deviennent les usines ? Comment peut-on expliquer ces mutations paysagères ? (Document 1)

 

On constate que les  usines ont aujourd’hui disparu Elles ont fait faillite (ou la production a été délocalisée). La zone industrielle est devenue une zone commerciale.

La crise économique des années 70 et la concurrence mondiale (pays asiatiques : Chine)  expliquent en partie le déclin de l’entreprise puis sa disparition. Ces immenses espaces industriels ont laissé place à des friches aujourd’hui reconverties en zones commerciales.

 

 

5. De quelles mutations sociales s’accompagne cette évolution ?

 

C’est tout d’abord le triomphe sur salariat avec 91% des actifs.

La tertiarisation de l’emploi progresse : plus de 70% de la population travaillent dans le secteur tertiaire tandis que le nombre d’ouvrier diminue. Les cadres moyens, les professions intermédiaires, les employés sont aujourd’hui majoritaires dans la population active française.

En effet, Les ouvriers ne représentent plus que 20% de la population active. Certains métiers ont disparu (mineur) ou reculé (cheminot, métallurgiste) tandis que d’autres (souvent qualifiés) se sont affirmés (une fracture s’est creusée entre les OS qui occupent les emplois les plus pénibles et les ouvriers qualifiés [techniciens, contremaître])

Dans le secteur des services, les femmes, dont le taux d’activité dépasse les 60%, , occupent une place prépondérante

La fin des paysans s’est confirmée. Ils ne représentent plus que 3% de la population active et le travail des agriculteurs a changé (grâce à la mécanisation, à l’utilisation de nouvelles technologies, à l’insertion dans de véritables filières agro-alimentaires).

Cette population active n’a jamais été autant productive et qualifiée en raison des progrès continus de la formation de la main d’œuvre.

On peut effectivement parler de société postindustrielle car l'économie et la société reposent beaucoup moins sur la production industrielle et agricole que dans les siècles précédents

 

Dans un contexte d’élévation globale du niveau de vie, la précarité se développe. C’est la fin du plein emploi et le chômage connaît une forte poussée à partir des années 70 pour atteindre aujourd’hui 9% des actifs.

Dans ce contexte les emplois précaires se sont multipliés  (travail à temps partiel, travail temporaire, emploi précaire…) : on constate que les femmes sont plus particulièrement touchées par le chômage et les emplois précaires.

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