Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
17 Jun

correction Bac 2008 (Histoire)

Publié par Louis BRUN  - Catégories :  #Archives terminale S

Correction bac 2008 (série S)

 


L'épreuve d'histoire-géographie s'est déroulée ce matin. Je vous propose ma lecture des sujets.
Les sujets proposés sont des sujets très larges et conformes à l’esprit de l’épreuve. Les candidats ne peuvent pas être surpris par leur libellé.

 

L’histoire en majeure offrait aux candidats la possibilité de choisir entre deux compositions et une étude d’un ensemble documentaire.

 

Sujet I. la guerre froide (1947 – 1991) (composition)

 

A. Analyse rapide du sujet

 

On peut constater que le terme de guerre froide est associé à une périodisation longue. Celle-ci s’étale de 1947 à 1991.  Ce libellé et ce bornage chronologique correspondent  aux limites fixées par le programme. 1947 est considérée comme le début de la guerre froide même si les tensions entre les deux Grands vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale se sont fait jour dès 1945. Le non respect des accords de Yalta par l’URSS, le discours de Churchill à Fulton en 1946 annonçaient la rupture de 1947. En 1947, par son discours au Congrès, le président Truman définit les axes de la politique étrangère américaine pour les décennies à venir.

1991 est l’année de l’effondrement de l’URSS. Toutefois ce n’est que l’aboutissement d’un processus rendu possible par l’arrivée au pouvoir de Gorbatchev en 1985.

Il convient également de réfléchir à la notion de guerre froide. L’expression est née sous la plume du financier Bernard Baruch puis popularisé par les médias (début 1947). Il caractérise les rapports Est-Ouest (rapports conflictuels entre des acteurs du jeu international dont l'objectif est d'assurer leur domination ou leur sécurité par l'emploi de tous les moyens dont ils disposent à l'exception de l'affrontement direct et généralisé

Le sujet invite à définir les caractéristiques de la guerre froide ainsi que  l’évolution des relations entre les deux Grands.

 

B. Pistes pour l’élaboration d’un plan

 

Comment comprendre les phases de la guerre froide ?  Comment évolue les relations entre les Deux Grands de 1947 à 1991 ?

 

I. Une paix impossible mais une guerre improbable (R. Aron)

 

1. Deux modèles inconciliables

 

a. Le modèle américain : démocratie libérale et capitalisme

b. le modèle soviétique : Dictature du prolétariat et collectivisme

 

2. L’expansion soviétique en Europe et en Asie : le non respect des accords de Yalta

 

a. le non respect des accords de Yalta

b. le tournant de l’année 1947

 

à l'initiative américaine : La mise en place de la doctrine Truman (ou doctrine de l’endiguement)  : faire barrage à l’expansion soviétique

à le refus de l’expansion capitaliste : doctrine Jdanov et Kominform

 

 

3. La mise en place d’un monde bipolaire : la constitution des blocs

 

4. Une guerre improbable


a. La dissuasion nucléaire

b. Une guerre des propagandes

c. Un affrontement culturel

d. La course à l’espace

e. L’espionnage

 


II. Les grandes phases de la guerre froide de 1962 à 1975

1. Les conflits du paroxysme de la Guerre froide  (1947- 1962) 

 

La crise commence en Europe : le blocus de Berlin

L’Asie devient le 2° enjeu après l’Europe : la guerre de Corée (1950-1953)

L’Amérique prend le relais : La crise de Cuba (1962

 

2. Deux adversaires-partenaires (de 1962 à 1975) : la détente

 

a) Des facteurs favorables à de nouveaux rapports

 

à l’apparition d’un troisième Monde : « le Tiers-Monde »

à Les changements dans la politique intérieure soviétique : Khrouchtchev préfère faire porter les efforts de l’URSS sur les plans technologique et économique plutôt que militaire, afin de combler le retard soviétique.

à Les blocs ont tendance à se fissurer (contestation au sein interne et externe)

 

b) Les signes de la détente : des rencontres au sommet et des accords bilatéraux 

c)…Mais des conflits périphériques graves marquent encore le monde au début des années 70.

 

 

III. La fin de la guerre froide (1975-1991)

 

1. le retour aux tensions de 1975 à 1985 

a. l'expansion soviétique
b. la réaction américaine

2.  Un monde qui devient complexe et multipolaire 

a. Dans le bloc communiste 
b. Dans le bloc libéral 
c. Dans le Tiers-Monde certains conflits échappent à la régulation bipolaire 

3. L’implosion du Bloc soviétique et la disparition de l’URSS

a. Une nouvelle détente entre les 2 Grands à partir de 1985

b. L’implosion du bloc soviétique  et de l'URSS

c. La fin de l’antagonisme Est-Ouest en Europe  et dans le monde

 


Sujet 2. La France dans le monde sous la V° République (composition)

 

A. Analyse du sujet

 

Le deuxième sujet de composition correspond également à un libellé du programme : La France dans le monde sous la V° République.

Il s’agit donc de décrire comment se traduit l’influence française dans le monde de 1958 à aujourd’hui. Cette influence peut être diplomatique, économique, culturelle.

Le sujet  est accompagné d’une chronologique  qui nous permet d’appréhender les grands axes de la politique étrangère française : la liquidation de l’empire colonial et la persistance des liens avec les anciennes colonies, la politique de grandeur de la France (qui se poursuit bien après de Gaulle), la construction européenne.

 

B. Pistes pour l’élaboration d’un plan

 

Comment se traduit la présence de la France dans le monde ? Peut-on identifier des permanences ou des évolutions ?

 

I. Des colonies aux territoires d’outre-mer.

 

1. La fin de l’empire colonial : l’indépendance de l’Afrique noire et de l’Algérie

2. La mise en place d’une politique de coopération (aujourd’hui concurrencée par les Etats-Unis et la Chine)

3. Les confettis d’un Empire : La France d’Outre-Mer

 

 

II. les constantes de la politique étrangère

 

1. La politique de grandeur

 

a. le programme de dissuasion nucléaire

b. Une indépendance diplomatique et militaire (depuis de de Gaulle jusqu’à l’intervention américaine en Irak) remise en cause aujourd’hui ? (rapprochement de Nicolas Sarkozy avec les Etats-Unis)

 

 

3. La France dans la construction européenne 

 

Le candidat rappelle le rôle essentiel joué par la France dans la construction européenne jusqu’au non  de 2005. Il peut aussi évoquer la future présidence française (et la gestion du non irlandais) et la volonté affirmée d’une politique euroméditerranéenne

 

III. Le rayonnement culturel de la France dans le monde

 

a. La francophonie

b. une tradition culturelle source de rayonnement

 

IV. L’économie française dans le monde 

 

1. La France, quatrième puissance commerciale mondiale

2. Le redéploiement géographique du commerce extérieur.

 

 

Sujet 3 : La colonisation et le système colonial français entre le milieu du XIX° siècle et la fin des années 30 : quelles caractéristiques ? (étude d’un ensemble documentaire)

 

A. Analyse du sujet et des documents

 

 

L’étude de l’ensemble documentaire est centrée sur la France. Il invite à revenir sur la constitution de l’empire colonial mais aussi sur sa gestion jusqu’à la veille de la Seconde Guerre mondiale , période d’apogée de l’empire avec l’exposition coloniale de 1931.

L’ensemble documentaire est composée de 4 documents source et de deux documents d’interprétation. Les documents choisis peuvent être considérés comme classiques. Ils ont souvent fait l’objet d’une étude en classe.

 

Document 1. Jules Ferry et la politique coloniale française

 

L’an passé les élèves s’était vu proposée en mineure la réponse de Clémenceau à Ferry et la mise en avant des arguments anti-colonialiste. Dans ce discours, Jules Ferry, alors président du conseil et ministre des affaires étrangères,  justifie la politique coloniale. Il déploie un argumentaire pour convaincre les députés de la nécessité de se constituer un empire colonial. 

 

Document 2. L’empire colonial français entre les deux guerres (1919 – 1939)

 

Cette carte nous permet à la fois de mesurer l’étendue de l’empire colonial français ainsi que la diversité des statuts (colonies, protectorats, mandats).

 

Document 3. Le commerce entre la France et son empire colonial

 

Ce tableau chiffré nous permet de mesurer l’organisation du commerce entre la métropole et ses colonies. Il met en évidence le rapport centre- périphérie qui s’établit entre la France et ses colonies. L’orientation des échanges est caractéristique d’une économie de traite : des colonies au service de la métropole.

 

Document 4. Affiche du PCF en réaction à la célébration du centenaire de la conquête de l’Algérie.

 

Cette affiche dénonce l’économie de traite et le système colonial. Il nous permet de mettre en évidence les contestations qui peuvent exister au moment même de l’apogée. Cette contestation est le fait de la gauche et de certains intellectuels français. Elle aussi le fait des colonisés eux-mêmes (cf guerre du Rif)

 

Document 5. Maurice Viollette explique son projet dans la presse.

 

Dans ce document, sont évoqués les perspectives possibles d’évolution des rapports entre la métropole et les colonisés. Dans le cadre d’une politique d’assimilation, le projet colonial devait tendre vers l’intégration pleine et entière des colonisés dans la République. On perçoit aussi les tensions entre coloniaux et colonisés.

Le projet n’aboutira pas en raison de la pression exercé par le lobby colonial.

 

Première partie.

 

Analysez l’ensemble documentaire en répondant aux questions suivantes.

 

1. Quels sont les arguments de Jules Ferry pour défendre la politique de la France à l’époque (document 1).

 

Les arguments de Jules Ferry sont de différentes natures :

Argument économique :assurer à la France des débouchés

Argument « humanitaire », civilisateur : apporter la civilisation occidentale (bonne conscience de l’Europe). On peut ici percevoir la conception raciste des colonisateurs : les races supérieures doivent éduquer les races inférieures

Argument patriotique et stratégique : assurer la sécurité et la suprématie de la France dans le monde.

 

2. A l’aide du document 2, présentez et expliquez la diversité des modes d’administration de l’empire colonial français.

 

La politique officielle de la France est celle de l’assimilation (l’application stricte des lois de la métropole pour les amener au niveau de civilisation du peuple colonisateur). Elle adopte un mode d’administration centralisée. Mais les situations sont variés en raison de conquêtes faites de manière aléatoire, sans logique et de l’histoire,  la structure politique des territoires acquis. La Tunisie et le Maroc sont des protectorats (en théorie la Tunisie et le Maroc conservent une certaine autonomie ; les cadres sont issues des élites locales ; le mode d'aministration y est donc indirect) dépendant du ministère des Affaires étrangères, L’Afrique occidentale et équatoriale, Madagascar et l’Indochine sont des colonies administrés par le ministère des colonies. L’Algérie est un cas particulier puisqu’elle dépend du ministère de l’Intérieur.

Quant aux mandats, il s'agit d'une tutelle accordée par la Société Des Nations, au lendemain de la Grande guerre, sur les anciennces colonies allemandes (Liban, Syrie).
 

3. A partir des documents 3 et 4, présentez la dimension économique de la colonisation.

 

L’ économie et les  hommes sont au service de la métropole. En effet La mise en valeur des colonies se traduit par la mise en place d’une économie de traite presque entièrement tournée vers la métropole.

Comme le souligne le doc. 3,  les colonies représentent pour la métropole un réservoir de matières premières :  Les cultures vivrières sont remplacées par des cultures tropicales et commerciales (coton, café, thé, caoutchouc….). Les ressources du sous-sols sont également exploités (argent, pétrole, plomb algérien comme l’indique le doc. 4)

La deuxième partie du document 3 nous montre aussi que les colonies constituent aussi des marchés, des débouchés privilégiés pour la métropole : les matières premières importés des colonies sont ensuite transformées dans les métropoles pour ensuite être exportés dans les colonies.

Les relations économiques n’ont fait que se renforcer au cours de la période et en temps de crise les relations sont resserrées   (tarif Méline en 1892 en France qui font des colonies un marché protégé pour les Français)

une telle « mise en valeur » suppose le développement de la grande propriété (suppression des cultures vivrières pour les remplacer par des produits destinés à l‘exportation : le vin, le blé. Elle s’accompagne donc d’une spoliation des terres (comme en Algérie) et du développement du travail forcé (avec toutes les violences que cela suppose).

 

4. Quelle politique défend Maurice Viollette et pour quelles raisons (document 5) ?

 

Maurice Viollette souhaite l’intégration des élites colonisées d’Algérie. Cette politique s’inscrit dans la logique de la politique d’assimilation de la France : une fois au niveau des colonisateurs, les colonisés devaient en théorie disposés des mêmes droits que n’importe quel citoyen français. Le cas de l’Algérie est particulier car il s’agit en plus de 3 départements français où vivent de nombreux colons d’origine européenne (colonie de peuplement).

Maurice Viollette souhaite donc accorder la citoyenneté pleine et entière à l’élite francisée d’Algérie.

Pour lui cette évolution est nécessaire, absolue pour éviter les contestations. La multiplication des élites, conscientes des contradictions du système colonial avec le valeurs de la France (souveraineté populaire, égalité), suppose une évolution du statut des colonisés pour les intégrer dans la République

De plus cette situation est contraire aux valeurs qu’il défend (il dénonce la « divinité raciale » des colons).

 

5. Quelles attitudes différentes envers les peuples colonisés apparaissent dans les documents 1, 4 et 5 ?

 

Pour Jules Ferry , les colonisés sont perçus comme inférieurs. Il nie l’originalité, la culture des peuples colonisés. Il a une attitude raciste largement diffusée à l’époque.

Les communistes contestent l’ordre colonial et demande sa disparition : c’est l’exploitation d’un peuple par un autre. La lutte des classes est transposée au système colonial. Les peuples colonisées sont exploitées par les métropoles bourgeoises. Le parti communiste réclame donc l’égalité absolue entre les hommes.

Pour Maurice Viollette, son attitude traduit l‘acceptation de l’ordre colonial. Sans remettre en cause la domination et l’exploitation des catégories populaires, il réclame l’égalité de traitement pour les élites. Son attitude est, plus pragmatique,  réclame l’intégration progressive des colonisés dans la République.

 

 

Deuxième partie.

 

A l’aide des réponses aux questions, des informations contenues dans les documents et de vos connaissances personnelles, rédigez une réponse organisée au sujet : La colonisation et le système colonial français entre le milieu du XIX° siècle et la fin des années 30 : quelles caractéristiques ?

 

I.  La constitution d’un vaste empire

 

1. Le débat colonial

2. le deuxième empire colonial au monde (phase de la conquête et étendue géographique)

2. Une multitude de statuts

 

II. Une économie et des hommes au  service de la métropole


1. La mise en place d’une économie de traite

2. Des sociétés locales bouleversées

 

III. Un empire qui a du mal à se réformer

 

1. Le statu quo souhaité par le lobby colonial et les impossibles réformes

2. Un empire  contesté (par les élites locales mais aussi par certaines élites françaises et le parti communiste)


Commenter cet article

Florent 24/01/2009 15:50

Bonjour ,
Et d'abord Bravo pour la correction ! Elle est vraiment bien faite, outre le " racisme " de Jules Ferry qui suscite une petite polémique ...
Je ne prendrai pas parti, mais aimerais savoir s'il était nécessaire, vu le sujet, de développer les caractéristiques sociales de la colonisation française ? Il me semble qu'il n'apparait pas dans le plan proposé ...

G.Sabatier 24/06/2008 21:39

Bravo à toi Louis pour t'être mouillé avec ces corrections. Cela suscite le débat et la réflexion et c'est bien là l'essentiel ! On retrouve à la lecture des coms l'ambiance "feutrée" des commissions de préparation aux corrections. Profitons-en avec que l'enseignement de l'histoire-géo ne soit réduit à quelques leçons mémorielles qui appeleront sans doute moins d'interrogations scientifiques hélas !

Louis BRUN 23/06/2008 12:39

Tout d'abord désolé de vous avoir choqué !! De plus ces pistes de correction n'ont pas prétention à s'ériger en modèle. Elles sont quelques éléments de réflexion parmi tant d'autres. Il est clair que les plans attendus sur des sujets aussi vastes sont multiples.

stephane 23/06/2008 11:39

Je suis assez choqué q'un enseignant puisse mettre en ligne de tels "plans à titoir" : un sujet en histoire sur le temps long impose plan chronologique

Louis BRUN 22/06/2008 12:11

Tout d’abord il semble que vous avez mal interprété mes propos ; je n’ai pas dit que les Français jugeaient l’attitude de Ferry raciste ; j’ai dit que de nombreux Français partageaient ce point de vue. Je ne juge pas Ferry comme je ne dis pas que les Français de l'époque étaient racistes (au sens où nous l'entendons aujourd'hui); ils sont le fruit d'un contexte précis marqué par de nombreux préjugés ; je disais uniquement que ses propos pouvaient être qualifiés de racistes.
Si l’historien doit effectivement se caractériser par sa rigueur scientifique, il se doit aussi de donner du sens aux évènements. Il vérifie en effet la pertinence de concept qu’il peut élaborer à postériori des faits sans pour autant adopter une attitude anachronique.
Comme vous le rappelez, en citant les travaux de Pierre André Taguieff, les théories raciales sont multiples . L’invention du terme et son inscription dans le dictionnaire ne marquent pas le début de cette idéologie, ils ne font que participer à l’élaboration progressive d’une notion polysémique.

Archives

À propos

cafuron : mot issu du parler gaga signifiant "petite fenêtre", "oeil de boeuf éclairant un réduit" . Le cafuron est un blog d'histoire-géographie qui s'adresse au plus grand nombre ! Bonne visite !